NICOLA MINALI A DOUBLE TOURS

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Nicola Minali, à double Tours

La terre promise aux sprinters est le paradis de Minali. Il y conquiert une deuxième victoire. Tant pis pour Steels et, surtout, pour Museeuw...

TOURS

De notre envoyé spécial

C'est étrange comme la silhouette de certains hommes est liée à quelque saison particulière. Petit, presque râblé, Nicola Minali est un de ces coureurs dont on se dit qu'il n'apparaît jamais qu'en automne, quand la lumière du jour baisse et que le vent emporte les feuilles mourantes comme les rêves qui se brisent. Né en novembre, Nicola Minali voudrait bien, cependant, se distinguer en d'autres temps qu'à l'approche de son anniversaire. Toutefois, ayant rencontré au cours de ces dernières années de nombreux soucis d'ordre physique, il n'a pas eu toujours le choix. Il s'est donc résolu, fataliste, à briller lorsque son corps et ses douleurs ont cessé de lui faire faire des cauchemars. Et puisqu'il témoigne en la circonstance d'une évidente ponctualité, pourquoi donc ne pas saluer, respectueusement, son deuxième succès consécutif dans Paris-Tours.

Car Nicola Minali, révélé par une victoire d'étape dans le Tour de France en 1994, ne revient peut-être pas de loin, mais c'est tout comme. Au mois de février, il a été opéré de l'artère iliaque. Pour lui, cette intervention était le seul moyen d'être délivré de douleurs aux jambes qui, trop souvent, l'obligeaient à écourter ses entraînements ou à renoncer à certaines ambitions. Pendant quatre mois, il est ainsi demeuré à l'écart du peloton. Il a effectué une rentrée timide au Tour de Suisse et a souffert à la Grande Boucle avec le seul espoir d'être compétitif au moment de la Vuelta. En Espagne, il a remporté quatre étapes et s'est posé, du même coup, tel un favori de Paris-Tours.

Or, au bout d'une avenue de Grammont, soudain sublimée par une ferveur populaire presque inhabituelle, l'Italien a honoré ce statut en devançant, au sprint, Tom Steels et Giovanni Lombardi.

A une semaine du Mondial de Lugano, la 9e manche de la Coupe du monde a connu ainsi un dénouement plein de suspense. Car dans Tours, il y eut d'abord cette absence de renoncement dans le chef de Virenque et Saitov, échappés au long cours, ne capitulant que sous la flamme rouge. Ensuite, on vit Museeuw et son maillot de champion de Belgique emmener le sprint, comme en ces années où le Belge n'imaginait pas encore que des courses se gagnaient en solitaire. Enfin, on aperçut Tom Steels, tentant l'impossible pari de remonter Nicola Minali à la faveur d'un ultime coup de reins. Que vouloir de plus que ces quelques images réjouissantes pour une classique décrite, parfois, comme un peu fade.

Certes, en lieu et place de Minali, le succès d'un Belge aurait, sans doute, ravi davantage encore nos fibres nationalistes. Vainqueur en France, Museeuw se serait assuré d'une deuxième victoire en Coupe du monde. Et pour peu que Steels se substitue à lui, nous n'aurions pas manqué de saluer l'extrême réussite du jeune Flandrien pour cette première année au plus haut niveau. Nos deux compatriotes, cependant, avaient carte blanche pour tenter leur chance. En ce dimanche entre bleu clair et gris foncé, ils ignoraient, pour une fois, que seule l'union faisait la force. Minali, saluant le travail de ses équipiers, et de Zanini en particulier, ne disait pas autre chose quand Bartoli et Ferrigato, bien placés à Tours, redevenaient menaçants pour Museeuw et sa Coupe du monde. C'est étrange comme un certain Belge a tendance, parfois, à passer à côté de son sujet.

BRUNO DEBLANDER

LA PERF DU JOUR

Le Français Richard Virenque (photo) et le Russe Asiate Saitov l'ont bien évidemment accomplie en étant à deux doigts de mener à bien une échappée longue de près de 120 km. Le premier songeait prioritairement à accumuler les kilomètres dans la perspective des Championnats du monde de Lugano, mais il ne pouvait oublier qu'un de ses compatriotes n'avait plus triomphé à Tours depuis 40 ans. Le second, lui, brillant sprinter, se savait quand même barré en cas d'arrivée en peloton. Ensemble, ces deux hommes n'ont pas seulement animé une course qui, parfois, se traîne. Ils ont aussi voulu jouer crânement leurs chances. Sans jamais spéculer, ils ont ainsi proposé un bel exemple de ce que peut être une course quand deux coureurs se mettent en tête de la faire. En dépit du vent très souvent de face. En dépit, surtout, d'un pronostic favorable aux hommes très rapides. Bref, deux tempéraments à honorer...

Br. D.

Classements

LES ARRIVÉES

1. Nicola MINALI (Ita/Gewiss)

les 253 km en 5 h 38.55

2. Steels m.t.

3. Lombardi (Ita) m.t.

4. Hoffman (P-B) m.t.

5. L. Jalabert (Fra) m.t.

6. Bartoli (Ita); 7. Ferrigato (Ita); 8. Chanteur (Fra); 9. Citterio (Ita); 10. Michaelsen (Dan); 11. Ozers (Let); 12. Redant; 13. McEwen (Aus); 14. Tchmil (Rus); 15. Roux (Fra); 16. Sciandri (G-B); 17. Roscioli (Ita); 18. Djavanian (Rus); 19. Piccoli (Ita); 20. Museeuw; 21.Planckaert ; 22. Pierobon (Ita); 23. Werner (All); 24.Kappes (All); 25. Hamburger (Dan); 26. Brochard (Fra); 27. Gianetti (Sui); 28. Villa (Ita); 29. Piziks (Let); 30. Van Petegem; 31. Konychev (Rus); 32. Rodriguez (Esp); 33. Eeckhout; 34. Ekimov (Rus); 35. Nardello (Ita); 36. Heulot (FRa); 37. Julich (E-U); 38. Peron (Ita); 39. Chiappucci (Ita); 40. Merckx: 41. S. Rebellin (Ita); 42. Dufaux (Sui); 43. Artunghi (Ita); 44. Casagrande (Ita); 45. Baldato (Ita); 45. Backstedt (Suè); 47. Den Bakker (P-B); 48. Hervé (FRa); 49. Faustini (Ita); 50. Riis (Dan); 51. Tafi (Ita), tous m.t.; 52. Zanini (Ita) à 0.10; 53. Virenque (Fra); 54. Saitov (Rus); 55. Skibby (Dan); 56. Ballerini (Ita), m.t.; 57. Milesi (Ita) à 0.27; 58. Anti (FRa); 59. Kozlitine (Kaz); 60. Vierhouten (P-B), m.t.; 61. Rué (Fra); 62. Cattai (Ita); 63. Anguita (Esp); 64. Moller (Dan); 65. Vasseur (FRa); 66. Zulle (Sui); 67. Peeters; 68. Diaz-Justo (Esp); 69. Colage (Ita); 70. Fondriest (Ita); 71. Bruyneel; 72. Arazzi (Ita); 73. Crepaldi (Ita); 74. Yates (G-B); 75. Bölts (All); 76. Zanette (Ita); 77. Pavanello (Ita); 78. Pistore (Ita); 79. Capelle (Fra); 80. Lecchi (Ita).

COUPES DU MONDE

Classement individuel : 1. Museeuw, 162 pts; 2. Ferrigato (Ita), 126; 3. Bartoli (Ita), 124; 4. Zanini (Ita), 88; 5. Armstrong (E-U), 81; 6. Baldato (Ita), 77; 7. Gontchenkov (Rus), 67; 8. Colombo (Ita), 58; 9. Tchmil (Rus), 56; 10. Fontanelli (Ita), 54; 11. Minali (Ita), Bolts (All) et Richard (Sui), 50; 14. Bortolami (Ita), 47; 15. Sciandri (G-B), 45;... 20. L. Jalabert (Fra), 34.

Classement interéquipes : 1. Mapei, 80 pts; 2. Motorola, 61; 3. MG, 58; 4. Roslotto, 52; 5. Festina, 45; 6. Telekom, 32; 7. Polti, 23; 8. Rabobank, 20; 9. Carrera, 19; 10. TVM et Gewiss, 18.

Le vainqueur

en bref

NICOLA MINALI (Italie)

Né le 10 novembre 1969 à Isola della Scala.

Professionnel depuis 1993.

Equipes : Mecair (93), Gewiss (depuis 94).

Principales victoires

1993 : 1 étape des Trois Jours de La Panne, 1 étape de la Semaine bergamasque.

1994 : 1 étape du Tour de France (Portsmourh - Portsmouth), 1 étape de la Semaine catalane, 2 étapes du Tour de Romandie.

1995 : Paris - Tours, 1 étape du Tour d'Italie, 3 étapes du Tour d'Espagne, 2 étapes de Tirreno-Adriatico, 1 étape du Tour de Valence, 3 étapes de la Semaine catalane, 1 étape du Tour d'Aragon, 3 étapes du Tour du Danemark.

1996 : Paris - Tours, 4 étapes du Tuor d'Espagne, 2 étapes du Tour de Burgos, 1 étape du Tour du Danemark.

Pour l'équipe

Comme nous le disions samedi, Frank Vandenbroucke a renoncé, la mort dans l'âme, à participer à Paris-Tours. Affaibli par un virus intestinal, il était resté quatre jours sans s'entraîner et une courte sortie (80 km), vendredi, ne l'avait pas rassuré sur sa condition. A cet égard, les heures qui viennent seront capitales. En effet, VDB ne décidera de sa présence au mondial de dimanche à Lugano qu'à la condition de pouvoir y jouer un rôle.

Raisonnablement, je ne peux plus espérer, sans doute, rouler pour la gagne. Mais j'entends me mettre au service du groupe. Je n'irai pas en Suisse pour faire deux tours et puis salut...

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