Plongée en immersion au cœur du Bruxelles des salafistes

Le salafisme, le courant le plus radical de l’islam, se développe à Bruxelles. Il interdit d’écouter de la musique, oblige les femmes à rester à la maison et conseille de rester, de préférence, entre salafistes. Un monde parallèle, qui rejette toutes les valeurs occidentales, est en train d’émerger.

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Haram, je te dis ! Haram ! Des lignes noires sous les yeux, les sourcils épilés ou – pire encore, qu’Allah me protège – du rouge à lèvres ! La voix se tait. Quelques jeunes filles semblent en colère, d’autres ont mis leurs écouteurs sur leurs oreilles. « Chères sœurs, tout ceci, c’est haram », continue la voix. « Et tant que nous sommes occupés avec l’apparence physique : vous, mes frères, portez des pantalons qui tombent par-dessus vos chevilles. C’est ce que le prophète recommande. Et laissez pousser votre barbe. »

Rachid Haddach – la voix – toussote et continue. « Il y en a qui font la fête jusqu’au matin. Mes frères et sœurs, ça aussi, c’est haram. Il y a des hommes et des femmes qui dansent à des fêtes de mariage, souvent pendant toute la nuit ! Ceux-là vont devoir un jour rendre des comptes. »

Rachid Haddach est un des prédicateurs salafistes les plus populaires à Bruxelles. Il donne ici, à la mosquée Assouna à Anderlecht, une conférence sur le thème « mes actions dans la balance », en d’autres mots : ce que vous faites ici sur terre aura un impact sur votre vie dans l’au-delà.

Son public est séparé en deux groupes : les hommes sont assis à l’avant, devant lui, sur le sol de la mosquée. Les femmes sont en haut, dans une petite salle à part au premier étage. Ils sont tous suspendus à ses lèvres.

Haddach les appelle « mes sœurs et mes frères », comme il convient de le faire dans une mosquée qui se respecte. Les « frères » sont, en ce vendredi soir, quelques centaines. Des jeunes gens costauds en costume de rue, avec des sneakers et des casquettes de base-ball. Des adolescents boutonneux avec des kufis et des tuniques longues. Des jeunes avec des longues barbes, des cheveux coupés très court et, comme le prescrit le salafisme, avec des pantalons qui recouvrent leurs chevilles.

Du côté des « sœurs », il n’y a que quelques dizaines de jeunes filles et jeunes femmes. Leurs cheveux sont recouverts d’un hijab de couleur foncée, et elles sont revêtues d’un long manteau. Ou encore, elles portent un jilbab, une robe longue et ample. D’autres encore portent une abaya, un tissu noir qui ne laisse que le visage et les mains libres.

Les femmes ne peuvent pas voir Haddach, mais seulement l’écouter via les haut-parleurs installés dans la petite pièce. Les « harams » (ce qui est interdit) et les « halals » (ce qui est autorisé) ponctuent son prêche. Porter le voile ? « Halal !, allez-y mes sœurs. Vous ne le regretterez jamais. Les femmes qui travaillent à l’extérieur ? Uniquement si on peut travailler voilée. Sinon, haram ! « Participer à des matches de boxe ? Haram, mes frères. Allah ne veut pas que vous détruisiez votre corps. Vous voyez à quoi ressemble Mohamed Ali ? »

Le public ricane. Les boutades font partie du style de Rachid Haddach. Il parle à son public comme s’il était à un talk-show. « Et toi, mon frère, as-tu pensé à ce qui t’attend dans l’au-delà ? », interroge-t-il. Et à quelqu’un d’autre : « Restes-tu parfois seul avec une fille ? Haram ! Pense aux conséquences. Pense à son honneur. »

Les filles chuchotent entre elles, s’échangent des messages. Une femme s’agenouille, en prières. Un peu plus loin, une autre a pris son gamin avec elle. L’enfant se promène, encore instable sur ses petites jambes, il gazouille pour attirer l’attention. L’atmosphère est amicale, presque familiale. Il ne manque que le thé à la menthe et les petits gâteaux. Mais juste au moment où l’ambiance risque de devenir trop agréable, la voix de Rachid Haddach est de retour.

« La religion, ce n’est pas un snack-bar », retentissent les haut-parleurs. « Pour moi, ce sera un dürüm, avec des frites et de la mayonnaise, s’il vous plaît. Et avec des oignons frits. Finalement non. Non, des oignons, mais pas frits. » Rires dans la petite salle. « Non, frères et sœurs, ce n’est pas le but, continue le prédicateur. La religion, c’est quelque chose de beau, mais ce qu’on voit parfois dans la rue, c’est un micmac. Chacun fait ce qu’il veut. Il faut du sérieux. Nous ne sommes pas dans un MacDo. »

Discours radical

Rachid Haddach fait partie du petit club de prédicateurs salafistes qui prêchent chaque semaine quelque part à Bruxelles. Ils ont été formés au Centre islamique et culturel (à la Grande mosquée) au parc du Cinquantenaire. Ils ont suivi des études religieuses en Arabie saoudite et peuvent réciter le Coran par cœur. Haddach refuse toute interview.

« Vous, les journalistes, vous n’écrivez que des mensonges à notre sujet » – mais ceux qui assistent à ses conférences ou qui regardent un de ses nombreux films sur You Tube, le savent : l’homme se situe dans la tranche la plus conservatrice de l’islam.

D’après sa page Facebook, il a 42 ans, il est marié, et a cinq enfants. Haddach se présente comme un « professeur » et son CV indique qu’après ses études secondaires, il a suivi une série de formations théologiques dans des mosquées en Belgique et à Riyad. Pendant ses conférences, il parle avec beaucoup d’aisance, son ton est un peu celui d’un père qui fait des remontrances à ses enfants. « Respectez vos parents ! » (…) « Soyez bon avec votre épouse ! » (…) « Rendez visite aux malades et aux mourants ! » Des conseils auxquels personne ne trouve rien à redire.

Mais si on écoute bien, on peut percevoir à quel point son discours est radical. Il explique qu’au lieu d’aller à l’école maternelle, les enfants doivent rester à la maison jusqu’à l’âge de six ans. Et par là, il suggère que les femmes aussi doivent rester à la maison pour les garder, et que les enfants doivent rester le plus longtemps possible dans un environnement musulman. Sur internet, on trouve des films où il donne son avis sur la musique. « Vous feriez mieux de lire le Coran. Si le prophète était en faveur de la musique, il en aurait profité à son époque. »

Il donne l’exemple du rappeur américain Loon, qui s’est converti à l’islam, et qui était à Bruxelles il y a peu. « Loon a dit que la musique vous faisait entrer dans un autre monde, avec des femmes, un monde où on pousse les gens à danser, à faire certains gestes qui ont une connotation sexuelle. »

Détail piquant : Loon, qui s’appelle désormais Amir Junaid Muhadith, est actuellement en prison à Bruxelles pour des faits de drogue, et attend son extradition pour les Etats-Unis. Mais ça, Haddach n’en dit pas un mot.

Pour Haddach, on en revient à la même chose : rappeler les hommes et les femmes à leur devoir. Les femmes doivent se couvrir la tête, et les hommes doivent se laisser pousser la barbe. Ça aussi, c’est le prophète qui le recommande. Et non, on ne peut pas tailler sa barbe. En témoigne sa barbe impressionnante, dans laquelle il trifouille de temps en temps.

« Minha Salafi »

C’est notamment grâce à des prédicateurs comme Haddach que le salafisme s’est développé récemment à Bruxelles. Les chercheurs, les services de police et de renseignement du pays ont vu, année après année, à quel point les musulmans, surtout des jeunes, étaient attirés par le « minha salafi ». En français, cela veut dire littéralement « le chemin du guide pieux ». Le salafisme est un courant interne de l’islam qui plaide pour une pratique religieuse datant de l’époque du prophète Mohammed et de ses disciples, et des deux générations qui ont suivi. D’après les salafistes, ils sont les seuls à avoir connu la vraie vérité.

Les salafistes en viennent ainsi à interpréter le Coran à la lettre, sans tenir compte de l’évolution depuis l’époque du prophète. Par exemple, si le Coran dit qu’une femme doit voyager avec un homme de confiance, c’est bien entendu parce que c’était la manière la plus sûre de voyager au VIIe siècle.

La polygamie est un autre exemple : l’islam autorisait les hommes à avoir jusqu’à quatre épouses. Ce n’était bien sûr pas pour leur plaisir, mais pour la protection des veuves à une époque où les hommes étaient une denrée rare à cause des nombreuses batailles, et où les épouses risquaient de se retrouver seules et sans protection.

Alors que la plupart des musulmans considèrent la polygamie comme dépassée, les salafistes, eux, montrent encore très indulgents envers les polygames.

Nous contre eux

Quand on entend le mot salafisme, on pense immédiatement à des organisations comme Sharia4Belgium. Ce groupe a fait pour la première fois parler de lui en 2010, lorsque certains de ses membres sont allés perturber la conférence de Benno Barnard à Anvers. Leur porte-parole Fouad Belkacem a ensuite appelé au lynchage des homosexuels et à la destruction de l’Atomium. L’homme a été condamné l’année dernière à deux ans de prison pour incitation à la violence contre des non-musulmans, et parce qu’il avait qualifié le décès de Marie-Rose Morel de punition divine.

Une autre salafiste belge qui a fait la une de l’actualité internationale, c’est Muriel Degauque, la femme qui a commis un attentat suicide en Irak en 2005. Degauque était une Belge convertie qui s’était mariée avec Issam Goris, lui aussi converti et salafiste. Ils ont vécu pendant des années une vie ordinaire, teintée de religion, jusqu’à leur départ pour l’Irak.

Mais Degauque et Belkacem sont des exceptions ; la majeure partie des salafistes ne veut rien avoir à faire avec le terrorisme et n’aspire qu’à vivre selon les prescriptions du Coran. « Jusque-là, on ne peut rien leur reprocher, nous jouissons de la liberté de religion en Belgique », nous dit un expert du salafisme de la Sécurité de l’Etat. L’analyste préfère rester anonyme, vu le côté sensible du sujet.

Mais la frontière entre les salafistes très croyants et les agitateurs de Sharia4Belgium est ténue, met en garde l’analyste. « Il y a des salafistes modérés qui défendent aussi le jihad. Nous voyons à Bruxelles des prédicateurs qui disent aux jeunes : vous êtes musulmans, mais pendant que vous buvez et que vous courez derrière les filles, vos coreligionnaires se font tuer en Afghanistan. Ils n’incitent pas à commettre des attentats en Occident, mais ils encouragent tout de même les musulmans à partir là-bas. »

Le message officiel n’est pas tellement radical. Notre analyste poursuit : « Il faut comparer cela avec le catholicisme, il n’y a pas si longtemps : les femmes restent au foyer, les hommes vont travailler, et le dimanche, tout le monde va à la messe. Mais dans d’autres discussions, qui se passent souvent dans des cercles fermés, les jeunes entendent autre chose. On leur conseille d’éviter les occidentaux, et même de les haïr. Une image ’nous contre eux’ est en train de prendre forme. Ce sont souvent d’autres musulmans qui en sont les premières victimes. Certains grandissent dans un environnement où ils s’entendent reprocher à longueur de journée de ne pas porter le voile ou de ne pas prier cinq fois par jour. Où on reproche aux magasins de nuit de vendre de l’alcool. Où les femmes refusent de se faire soigner par des médecins de sexe masculin. Une société parallèle finit par émerger, où les salafistes s’isolent de plus en plus de la société occidentale. »

Des réponses toutes faites pour tout

Le salafisme apporte des réponses toutes faites dans toutes les facettes de la vie. Comment manger halal, comment s’habiller (tant pour les hommes que les femmes), qui fréquenter (jamais de mixité), à qui et comment il faut dire bonjour (les hommes et les femmes se serrent la main), comment et avec qui se marier, et comment éduquer les enfants. L’ensemble forme un cadre de référence que chacun peut s’approprier sans devoir beaucoup réfléchir.

Lorsque les arbres cachent la forêt, on peut aussi essayer de retrouver son chemin et de se ressourcer dans un des nombreux livres sur le salafisme, qui sont en vente dans les librairies de Bruxelles.

« C’est un des sujets les plus populaires du moment », nous dit un vendeur de la librairie musulmane Al Iqra à Anderlecht, en déposant un livre bleu entre nos mains. Le titre, Salafies I, et le livre est l’œuvre du « docteur Mohamed Ali Ferkous » de l’université d’Alger.

Le livre énumère une série de recommandations salafistes. Ferkous en a rassemblé une belle brochette pour le lecteur. A la page 55, par exemple, il met en garde contre le sécularisme « qui vise la destruction de la religion dans la société ».

Un peu plus loin : « La religion et le pouvoir sont indissociables ». Et encore plus loin, Ferkous donne son avis sur les attentats suicides et indique clairement qu’il n’est pas d’accord avec les femmes qui quittent la maison sans excuse valable. « Restez dans vos foyers ». Il cite le verset correspondant du Coran.

Le vendeur d’Al Iqra, un jeune homme arborant la barbe musulmane et revêtu d’une tunique noire, retire un autre livre de l’étagère. « Vous devez lire ce livre », nous dit-il avec un grand sourire. « C’est écrit spécialement pour les femmes qui veulent suivre les règles du minhaj salafi ».

Le livre s’appelle Conseils aux femmes musulmanes et est de la plume d’une certaine Umm Abdillah Al Wadiyya. Après avoir parcouru quelques pages, on apprend qu’elle est la fille d’un scheik yéménite important.

Les femmes, nous apprend son livre, sont une source de tentations et ont beaucoup plus de chance d’aller en enfer que les hommes. « Il n’y a aucune forme de séduction qui soit plus dangereuse pour les hommes que pour les femmes », écrit Umm Abdillah. L’auteure donne une série de conseils pour accéder au paradis : les femmes doivent obtempérer quand leur mari leur demande d’aller au lit. Les femmes ne peuvent demander à leur mari de divorcer d’une autre de ses épouses. Les femmes ne peuvent pas se faire soigner par un médecin de sexe masculin.

Um Abdillah semble très à l’aise dans son énumération des interdits et des obligations, assortie des versets du Coran qui soutiennent ses allégations. « L’homme est intrinsèquement meilleur que la femme », écrit-elle. « Il est meilleur et plus honnête ». Son livre est devenu le cadeau idéal dans les milieux salafistes.

Le salafisme est arrivé chez nous dans les années nonante. Ce sont les Saoudiens qui – jamais à court d’argent ou de ressources pour l’envoi d’un imam à l’étranger – ont trouvé en Belgique un terrain fertile à la propagation du wahabisme, la religion d’Etat de l’Arabie saoudite. Le wahabisme est une forme de salafisme.

« Les Saoudiens ont construit plusieurs mosquées, ont envoyé des membres de leur clergé et beaucoup d’argent pour propager les messages salafistes, nous dit Felice Dassetto, sociologue et spécialiste de l’islam à l’Université catholique de Louvain (UCL). La Grande mosquée, entre autres, leur appartient. Et ce sont eux qui forment presque tous les imams à Bruxelles. »

Dassetto est président du Cismoc (Centre interdisciplinaire d’études de l’Islam dans le monde contemporain) à l’UCL. L’an dernier, il a réalisé une grande enquête sur l’islam à Bruxelles et a constaté à quel point le salafisme était devenu populaire en peu de temps. En quelques années, les quelques mosquées construites par les Saoudiens ont désormais développé toute une série de centres : des centres pour les jeunes, des centres culturels, ou pour les études coraniques.

Les librairies islamiques ont poussé comme des champignons et on ne peut plus compter les forums salafistes sur internet.

Mais cela n’a pas vraiment étonné Dassetto. « C’est le monde salafiste qui structure le plus la société musulmane, explique Dassetto. Leurs prédicateurs sont très présents dans les quartiers chauds d’Anderlecht et de Molenbeek. Ils s’adressent à des jeunes, des gamins de rue, des drogués à qui ils font la morale. Ces jeunes se sentent attirés, non pas par les messages radicaux, mais parce que le salafisme est un facteur identitaire. Dès qu’ils sont sur le sentier du salafisme, ils ne doivent plus douter de qui ils sont : Belges, Marocains ou quelque chose entre les deux. Non, ils deviennent tout simplement des musulmans convaincus. »

Dassetto nous explique aussi que le sentiment d’être des citoyens de seconde zone joue aussi un rôle important chez les jeunes musulmans. « Il y a des prédicateurs qui jouent cette carte-là. “Vous voulez vivre dans une société qui vous rejette”, entend-on souvent. Ce sentiment se renforce encore quand des musulmans sont dépeints comme des fous dangereux capables de commettre des attentats. »

A cause des restrictions de leur religion, les salafistes bruxellois restent souvent aux niveaux les plus bas de la société. Dassetto poursuit : « Les jeunes salafistes ont beaucoup de difficulté à s’intégrer dans notre société. Ils ne trouvent aucun travail parce que les femmes ne sont pas autorisées à travailler voilées, et parce qu’ils ne peuvent pas s’arrêter de travailler pour prier. Qu’est-ce qu’il leur reste comme possibilité ? Devenir chauffeur de taxi ou épicier, ou encore ouvrir une librairie musulmane. »

Kadija a lu trois fois le livre salafiste populaire Conseils aux femmes musulmanes. « Je l’ai dévoré. Pour moi, ce livre est un véritable guide », nous confie la jeune femme. Mon mari me l’a offert après que j’ai laissé entrer son frère à la maison alors qu’il était absent. Haram, il m’a dit. On ne peut rester seule avec un homme que s’il n’est pas candidat potentiel au mariage. Si un homme et une femme sont seuls, le shaytaan (diable, Ndlr) sera le troisième invité. »

« Un des nôtres »

Kadija acquiesce, sérieuse. Kadija n’est pas son vrai nom. Comme la plupart des salafistes, elle ne veut rien avoir à faire avec les médias et ne parle qu’à condition de rester anonyme. A 22 ans, elle est assise par terre, dans la partie réservée aux femmes, au Centre culturel Al Karam à Forest. Nous sommes dimanche matin, quelques jours après la conférence de Rachid Haddach à Anderlecht. Le prédicateur a rendez-vous ici, aujourd’hui, pour une conférence sur le thème : « Eduquer un enfant consiste d’abord à s’éduquer soi-même ».

Peut-être le sujet y est-il pour quelque chose, mais aujourd’hui, il y a beaucoup de femmes avec leurs enfants. Et cette fois-ci, elles peuvent voir Haddach. « Parfois, des futurs parents viennent me voir avec la question “Est-ce que je peux appeler mon enfant Ryan ?” Ryan ! ». Haddach lève les yeux au ciel. « Pourquoi donner un nom inconnu à un enfant, alors qu’il y a tellement de noms magnifiques ? Les enfants ont besoin de modèles, des adultes qui les inspirent. Donnez à votre enfant le nom d’un cheik connu, et ils sauront immédiatement vers qui se tourner. »

La plume de Kadija gratte le papier. Elle remplit feuille après feuille. Elle en a besoin dit-elle. Cela ne fait que deux ans qu’elle a trouvé la vraie croyance, précise-t-elle. « Avant, je laissais pendre mes cheveux, j’allais au café avec des amis belges, je rentrais à la maison quand je voulais. Mes parents n’avaient aucune autorité sur moi. Je n’ai pas de frère, voyez-vous. Et mon père est assez âgé. »

Sa vie était un vrai carrousel : boire, danser, parfois l’école, le plus souvent en rue à traîner. « C’était chouette, mais je trouvais ma vie un peu vide. J’ai alors rencontré mon mari, un musulman pieux. Je suis tombée amoureuse et il m’a montré la vraie voie. Maintenant, je suis la plupart du temps à la maison en train de lire le Coran et de prier. »

Rachid Haddach fait une pause calculée : son prêche dure plus longtemps qu’attendu et c’est bientôt l’heure de la prière dans la mosquée.

Les hommes et les femmes se penchent en avant et s’agenouillent. « C’est la cinquième fois que je viens l’écouter, s’empresse de dire Kadija au sujet de Haddach. Il est fantastique. Il comprend ce dont nous avons besoin et il parle comme s’il était l’un des nôtres. »

De Morgen, 10 mars 2012

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