Plus d’un million de Belges sont bénévoles

Le bénévolat est un secteur productif. Et, sur le plan socio-économique, son poids est loin d’être négligeable, comme le montre une recherche du Centre d’économie sociale de l’ULg intitulée La mesure du volontariat en Belgique. Derrières l’activité « porteuse de sens à estination d’autrui » qui offre à tout un hacun « d’aider les autres, d’occuper son temps libre d’une manière constructive, de développer des relations et du capital social et de prendre part aux débats de société », le bénévolat constitue « une plus-value importante pour la société ». Y compris sur le plan socio-économique. Premier constat : le nombre de citoyens impliqués dans des activités volontaires est estimé entre 1 million et 1,4 million selon les études et les méthodes de calcul (fréquence, type de olontariat considéré…). Et le pourcentage de personnes qui déclarent s’engager au service d’individus ou d’une collectivité oscillerait entre 12 et 20 % en moyenne. « Globalement, relève l’analyse du CES-ULg, une série d’études observent une certaine tendance à la hausse du nombre de volontaires au cours de la dernière décennie. » Toutefois, les résultats divergent quant à la durée moyenne des prestations. Deuxième constat : le recours aux bénévoles varie fortement d’une association à l’autre – une dizaine de volontaires dans les petites et moyennes organisations ; une septantaine pour celles employant du personnel rémunéré. Trois : le volume moyen des prestations est évalué entre 4 et 5 heures par semaine. Avec des volontaires occasionnels (moins d’une heure) et d’autres plus impliqués (10 h). Quatre : l’engagement volontaire représenterait, selon les diverses estimations, de 76.000 à 249.000 emplois en équivalents temps plein. De son côté, le Centre d’économie sociale chiffre le volume global à 150.000 ETP. « Ce qui correspond à environ 5 % du volume de l’emploi salarié du pays », précise l’étude. Cinq : l’engagement volontaire est très présent dans le secteur associatif (conseil d’administration, pouvoir organisateur, animation, secrétariat…), mais il y a de grandes disparités selon les secteurs. Ainsi on compte beaucoup de bénévoles dans le secteur culturel, sportif et récréatif ; nettement moins dans la santé, l’éducation et la recherche « nécessitant un plus grand degré de professionnalisme ». Six : le travail bénévole a aussi une valeur monétaire que les chercheurs ont également tenté de chiffrer en termes de « coût de remplacement ». Tant sur le plan de la production que des ressources mises à la disposition des ménages par les institutions sans but lucratif, l’apport du volontariat est indéniable. Septième constat, enfin : le profil de ce bon million de bénévoles varie là encore selon le type de définition retenu (s’agit-il d’un travail volontaire informel ou pas ; s’inscrit-il dans le cadre des loisirs ou non, etc.)Les hommes s’impliqueraient davantage que les femmes, mais le contenu des prestations est différent. Les uns sont surtout actifs dans le secteur sportif et les autres davantage impliquées dans des activités « de proximité » (proches, amis, voisins…), dans le secteur associatif (action sociale, aide aux personnes…). En outre, on constate un plus grand engagement chez les 40-70 ans, chez les actifs et les citoyens « ayant un niveau relativement élevé (enseignement supérieur ou universitaire) ». Avec une influence du milieu familial et culturel « quant à la disposition à donner de son temps ». ■ HUGUESDORZÉE