Procès Trabelsi : le statu quo

Procès Trabelsi : le statu quo

JEAN-PIERRE BORLOO

Outre les aveux tardifs du prévenu Aberkan, il semble que le procès en appel de Nizar Trabelsi, de Tarek Maaroufi et d'Omar Sliti, notamment, ne nous apprendra rien de neuf. Au contraire, les prévenus maîtrisant bien le contenu du dossier chargent davantage les autres, ceux qui sont détenus en France par exemple, pour se disculper l'un l'autre.

Me Michel Graindorge, avocat d'Aberkan, espérait d'ailleurs plus de mansuétude pour son client. Celui qui a pris des risques en avouant tardivement certains faits mériterait davantage de respect, a estimé l'avocat qui a critiqué la manière dont le président de la cour d'appel de Bruxelles a interrogé Aberkan.

Celui-ci reconnaît maintenant avoir conduit Abdelsattar Dahmane et Adel Tebourski (détenu en France) à l'aéroport d'Amsterdam et de Francfort. Dahmane est un des deux tueurs du commandant Massoud. S'il n'en avait pas parlé avant, c'était tout simplement par peur. Peur d'être associé à des terroristes.

Aiter Mouloud reconnaît avoir utilisé de faux papiers libyens au nom de Ahmed Maki. Mais, pour cet Algérien, c'était uniquement pour avoir plus de chances d'obtenir le statut de réfugié politique en Allemagne. Récemment, Aiter Mouloud s'est marié avec la Belge Nadia El Mourabit, également poursuivie dans ce dossier, mais acquittée par le tribunal correctionnel.

Boulayoun, ensuite, a expliqué avoir été approché par Dahmane à la mosquée de Forest. Le vendredi, le tueur du commandant Massoud y traduisait les prêches en français. Dahmane aurait demandé de lui fournir des faux papiers. Il dit qu'il a accepté l'argent, qu'il a contacté une personne, puis qu'il a renoncé à l'idée d'aider Dahmane.

Sliti Amor, enfin, se décrit lui-même comme un vrai militant islamiste radical. Il était en contact avec de nombreux autres radicaux en Grande-Bretagne (Abou Yiad, Abou Khaled), en Italie (Essid Sami Ben Khemais alias Saber), et surtout en Afghanistan à Djalalabad. Cela, explique-t-il, pour vivre pleinement un islam authentique et afin de développer des projets humanitaires.

Nizar Trabelsi, poursuivi pour avoir organisé un attentat contre la base américaine de Kleine Brogel, est intervenu pour soutenir Sliti. Non, ce n'est pas lui qui a facilité mon passage en Afghanistan, a-t-il lâché. C'est Beghal (un Français arrêté à Dubai soupçonné de préparer des attaques terroristes en France) qui m'a aidé. Je n'avais pas besoin de Sliti.

Le réquisitoire sera probablement prononcé ce jeudi.·