Province Salon « Créations en BW » au château d’Hélécine : Le talent brabançon a défilé

Je suis sur mon cul. Après avoir rencontré tous ces artistes, j’ai bien rajeuni. Ils ont un de ces talents ! » Le comédien Jean-Marie Pétiniot (62 ans), maître de cérémonie du défilé de mode et d’accessoires qui s’est déroulé samedi soir au château d’Hélécine, en marge du salon « Créations en Brabant wallon », a proposé une présentation de la soirée assez « particulière », pour ne pas dire brouillonne. Mais il a réussi à y asséner de bons mots et quelques vérités.

Comme par exemple au sujet du talent des onze artistes et artisans qui ont proposé leurs créations. Un défilé original. Robes en chocolat ou en fleurs ont étonné les cinq cents personnes qui avaient reçu un carton d’invitation de la Province. Tandis que les bijoutiers, modistes et autres stylistes ont rappelé que des créateurs de talent existent dans le Brabant wallon. Le tout dans une salle du dôme décorée avec soin par l’ASBL Macamagie.

Parmi les créations originales, la robe en feuilles et en fleurs de l’Ittroise Mélanie Mertens a suscité le plus de réactions. Cette étudiante en art floral a déjà remporté plusieurs concours avec ses chapeaux, parasol ou ombrelle végétaux. Cette fois, après les avoir dessinés, elle s’est attelée à recouvrir de feuilles et de fleurs (des centaines !) la longue robe et le bustier cousus par une professionnelle. « C’est une vraie passion pour moi, lance cette institutrice de 25 ans. Cela m’a demandé une semaine de travail. Il s’agit de feuilles crisoséchées. Ce sont des fleurs naturelles qui ont subi un traitement. Cela permet de garder la souplesse et la couleur des feuilles naturelles. Autre avantage, elles ne sèchent pas après quelques jours. » Le résultat était en tout cas magnifique.

Pas d’herbe pour la robe

en gazon

La robe en chocolat conçue par le Limalois Lionel Focant (26 ans) permet quant à elle des déplacements plus aisés. Mieux vaut néanmoins éviter les projecteurs, histoire d’écarter toutes mauvaises surprises. « C’est une robe en feuilles de lierre, explique ce chocolatier pâtissier qui exerce depuis six ans. Les feuilles ont été recouvertes de chocolat au pinceau. La difficulté est de trouver la bonne technique pour que le chocolat colle sur le support mais ne craque pas. » La robe, un simple bustier et une jupe aux genoux, a – évidemment – été présentée au son de « La Femme chocolat » d’Olivia Ruiz.

Autre découverte, les cannes de prestige de Pierre Vanherck. Cet ancien électromécanicien s’est lancé il y a six ans dans la création de cannes en ébène du Gabon. Il est le seul Belge à en vendre dans le monde entier. « Je les crée sur commande, lance cet habitant de Lillois. Elles sont destinées à des gens de tous âges qui veulent avoir un bijou. » Ses cannes valent entre 1.500 et 3.000 euros. Dans certaines, lorsque l’on dévisse le pommeau, on retrouve même une fiole de whisky ou une baïonnette ! Au final, cette deuxième édition a ravi ses organisateurs. « Je suis stupéfié par ces créateurs, lance Emmanuel Hendrickx (MR), député provincial. Je regrette juste que l’herbe nécessaire pour la robe en gazon de Luc Mertes n’ait pas bien poussé ! »