Psychologie Le rire partagé : L’humour donne du goût à la vie

Tout se passe comme si l’humour était une richesse innée. Peu de parents se soucient de le transmettre. Aucune école ne l’enseigne. Et pourtant, il joue un rôle important dans les relations sociales. « Les bébés ne naissent pas égaux dans l’humour », constate Bruno Humbeeck, travailleur psychosocial et collaborateur scientifique à l’Université de Mons-Hainaut. « Certains petits comiques commencent à tisser leur histoire d’humour dès huit ou dix mois en se lançant pleins d’assurance dans une carrière d’imitateur précoce. Encouragés par un entourage qui en redemande, ces bébés prennent conscience du plaisir d’être drôles et du pouvoir qui peut en être retiré. Faire rire un papa fâché ou une mère agitée, c’est se les mettre en poche. »

Les poupons ne rigolent pas tant qu’ils ne se sentent pas suffisamment en sécurité. On ne rit pas de la même chose à tout âge, à toute époque.

Les ados d’aujourd’hui délivrent un diplôme de super-ringard à celui qui leur proposerait de s’esclaffer avec un de Funès. Ils préféreraient un humour désenchanté, le recours à l’absurde. Pas pour revendiquer mais pour provoquer.

L’humour constitue un véritable outil de travail pour les professionnels immergés dans le drame des autres. « Il est indispensable que le candidat au rire partagé apprenne dès le début de son histoire d’humour à tenir compte de l’effet produit par son comportement sur celui qui est amené à le recevoir, souligne Bruno Humbeeck. Mal perçu, l’humour décuple même l’agressivité de celui qui se sent offensé ».

Dans son livre, le spécialiste de la résilience qui a travaillé avec Boris Cyrulnik et Jean-Pierre Pourtois retourne aux sources du rire pour observer comment il s’épanouit. Décrit les règles fondamentales du fait comique. En appelle aux théories philosophiques, psychologiques et sociologiques pour mieux le comprendre. Les traits de crayon de Maxime Berger illustrent son approche.

L’humour pour aider à grandir, éd. Mols, 20 euros.