RAISON DE PLUS: DEBATS ET DOCUMENTS BRUTS.LE DOSSIER CLAUDE SERILLON

«Raison de plus»: débat et documents bruts

Le dossier Claude Sérillon

Retour au bercail. Claude Sérillon regagne ses bases. Le voici responsable et présentateur de deux émissions sur A 2: «Résistances» et «Raison de plus».

PARIS

De notre correspondante

particulière

Pour «Résistances», son rôle de producteur ne commencera qu'à la rentrée prochaine: Jusqu'en juin, précise-t-il, je ne fais que présenter des émissions déjà mises sur les rails par Noël Mamère. «Résistances» qui change d'horaire de programmation - il sera diffusé désormais une fois par mois le deuxième mercredi du mois en seconde partie de soirée - abordera en mai les problèmes politiques et économiques de l'Afrique au travers du Togo, du Liberia et du Bénin. En juin, ce sera un spécial Cambodge. Ensuite Sérillon pense poursuivre le créneau géopolitique, mis sur pied par son prédécesseur qui a abandonné ses fonctions de journaliste pour se consacrer à la politique: il est maire de Bègles dans le sud-ouest et conseiller régional.

Si Sérillon n'a pas encore déterminé l'axe exact de cette émission, il entend bien en conserver l'esprit initial: montrer les problèmes qui concernent les droits de l'homme dans le monde.

«Raison de plus» (pour en parler, pour en débattre, dit Sérillon) prend, dès ce soir, le créneau laissé vide par les «Dossiers de l'Écran», après l'épisode malheureux de «Mardi soir». Le magazine sera hebdomadaire. L'ancien présentateur du 20 heures en assure la conception avec Claude Carré. Cependant, il semble bien que, même si l'émission, comme par le passé, est précédée d'un film, elle devrait être fort différente de son auguste prédécesseur.

Ce soir, par exemple, après «Vol au-dessus d'un nid de coucou» de Milos Forman, «Raison de plus» entend traiter du problème des infirmiers et de l'ensemble du personnel soignant des hopitaux psychiatriques. Nous avons fait, avec une équipe de journalistes d'Antenne 2, une véritable enquête sur le sujet, au travers de reportages. A Toulouse nous avons suivi une infirmière dans sa vie quotidienne aussi bien à l'hôpital que chez elle. A Sarreguemines nous sommes allés à la rencontre de ceux qui soignent, dans une «Unité de malades difficiles (UMD), des patients qui réclament des traitements particuliers et qui sont quelquefois dangereux. Dans le Cher enfin, nous sommes allés dans un village où des malades mentaux résident dans des familles. Ce que nous tentons de savoir c'est comment travaillent et vivent les infirmiers.

Sérillon tient à la notion de «document brut»: Nous ne cherchons pas à faire des reportages ressemblant à ceux qui sont diffusés au cours des JT. Nous voulons voir les gens en situation et leur demander: qui êtes-vous? Comment vivez-vous votre situation quotidienne? Pourquoi avez-vous choisi ce métier? Notre ambition est de regarder et d'écouter. Pour comprendre. Nous voulons nous distinguer par la qualité de notre écoute.

Les «documents bruts» viendront appuyer un débat sur le plateau. Cependant, l'équipe Sérillon-Carré voudrait que cet échange soit le plus enrichissant possible: Peu de personnes participeront à la discussion. Pas plus de six ou sept. Ils seront soit spécialistes de la question abordée soit l'auront vécue eux-mêmes. Ce soir par exemple, il y aura des infirmiers, une gardienne, un neuro-psychiatre, un psychologue et une mère de famille dont l'enfant a été hospitalisé. Nous voudrions être jugés, souhaite Sérillon, sur la capacité de transmettre des connaissances au public.

Si l'on fait remarquer à Claude Sérillon que son objectif ressemble quelque peu à celui que remplit si bien l'équipe de Jean-Marie Cavada avec la «Marche du siècle», il répond: Si on trouve à «Raison de plus» une parenté avec «La Marche du siècle», ce ne pourra qu'être flatteur pour nous.

JACQUELINE BEAULIEU

«Raison de plus»: Antenne 2, 23 h 10.