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REVOIR PIERRE DEVOS, PEINTRE DE LA SERENITE

Temps de lecture: 2 min

Revoir Pierre Devos,

peintre de la sérénité

A l'occasion de son «itinéraire» de fin d'année (1), la galerie Albert Ier (rue de la Madeleine, 45) a choisi de rendre hommage à Pierre Devos (1917-1972) dont douze peintures et sculptures, entourées par les envois des artistes de la galerie, raniment la présence rayonnante. Ce grand peintre flamand a été le premier à rompre avec l'expressionnisme de ses aînés.

Beau-fils de Constant Permeke, contemporain d'une génération encore marquée par les structures sévères et l'intensité du message, Pierre Devos a fait ses études, en 1934, à l'Académie des Beaux-Arts de Tournai, et, plus tard, à l'École supérieure d'Architecture et des Arts décoratifs de la Cambre, à Bruxelles, dans l'atelier de Charles Counhaye. Il est mobilisé en 1940. Après la capitulation, il revient à Audenarde, sa ville natale, où il transforme en divers ateliers les arrière-bâtiments de la maison maternelle.

Il donne alors libre cours à sa passion de la sculpture et réalise le monument aux morts de Hout-hulst, en 1945, et décore la chapelle du collège de la Berlière-Houtaing.

A partir de 1960, il se consacre en ordre principal à la peinture de chevalet. Il meurt le 23 février 1972 à l'aube. C'est une vie trop brève, mais remplie de courage et de ferveur, couronnée par une oeuvre d'une extrême pureté de lignes et de couleurs.

Pierre Devos a offert l'exemple d'une rupture fondamentale avec la vision schématique et paroxystique des aînés; son inspiration si claire, si nette était bien celle d'un héritier des primitifs. Il y a ajouté le goût de l'étrangeté et de l'idéal, hérité probablement de son admiration pour Paul Delvaux.

Émile Langui a écrit que Pierre Devos «est, en tout point, une personnalité qui, à partir d'une certaine époque, ne doit plus rien à personne.» Certes, il appartient à la quatrième génération de l'Art Vivant en Flandre, mais en solitaire, et avec la conviction qu'il fallait sortir des sentiers battus et ouvrir de nouvelles voies à la spiritualité du Nord.

L'hommage encore trop discret qui lui est rendu vient cependant à son heure. Il y aura dix-huit ans, en février prochain, qu'il a quitté ce monde. Mais quelle présence est plus émouvante que celle d'un créateur tout entier dans son inaltérable travail!

PAUL CASO.

(1) Jusqu'au 9 janvier, en semaine de 13 à 19 heures, le dimanche de 11 à 13 heures.

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