Floreffe-Profondeville Une manifestation pour rendre des sentiers au public : Rififi autour du bois du Duc

La forêt de Haute Marlagne, que les habitants du coin préfèrent appeler bois du Duc, ne manque pas d’attraits. Surtout par ses grands massifs de hêtres. Le site est une propriété privée qui s’étend sur près de 800 hectares. Les promeneurs peuvent y accéder, à condition de s’acquitter d’un droit d’entrée valable une année. Tout le site est-il privé ? Telle est la question qui alimente les conversations entre Malonne, Floreffe et Bois-de-Villers.

Depuis trois ans, l’ASBL Itinéraires Wallonie fait pression pour qu’un accès libre soit laissé à trois chemins. Plus précisément ceux « des Calanges » et « de Maulenne », ainsi que « la route de la Marmite ». Ces trois voies sont inscrites dans l’Atlas des chemins et sentiers vicinaux qui date de 1841. Il s’agit donc de chemins publics. C’est du moins l’avis de l’association, mais aussi de la commune et même du ministre Philippe Courard (PS) qui s’est également penché sur la question.

La société Forelux, propriétaire du bois, conteste cette version. C’est que, depuis le milieu du 19e siècle, pour répondre à des besoins d’exploitation des lieux, les tracés des chemins ont été modifiés. Ils ne correspondent plus aujourd’hui à ceux indiqués dans l’atlas. Pour Bernard Pâques, juriste pour Forelux, le problème est épineux. « Nous disposons d’archives montrant clairement que, pendant la Première Guerre mondiale, des chemins ont été créés ou des tronçons changés. » Me Pâques note qu’il faudra encore prouver un passage du public à l’époque. « Par ailleurs, tout le domaine est accessible au public moyennant un forfait modique, qui ne sert qu’à éviter des abus. Le bois est entretenu à grands frais par le propriétaire depuis des années. »

Après trois ans de ce qu’elle voit comme de vaines négociations, et poussée par le récent avis du ministre Courard, Itinéraires Wallonie appelle, ce samedi, à une manifestation. Ou plutôt à une promenade d’une heure et demie qui empruntera les trois chemins. « Le message que nous voulons transmettre auprès de tous les utilisateurs est qu’ils peuvent passer là sans être sanctionnés, annonce Franz Betermier, de l’ASBL. Les panneaux indiquant une interdiction sous peine d’amende sont illégaux. »

Pour l’échevin de l’environnement de Floreffe, Albert Mabille (Ecolo), ces chemins doivent être rendus à tous. Car même si leurs tracés ont été modifiés, ils ont continué d’être utilisés par les villageois durant des décennies. La commune souhaite un accord à l’amiable.