Évolution sacrilège

FLANDRE

Évolution sacrilège

D’abord demandeur d’autonomie culturelle, le Nord va réclamer des régions aux pouvoirs larges. Cette évolution ne se fera pas sans mal. En 1972, lors d’un congrès du CVP, la vieille garde (Gaston Eyskens en tête) signale que le but du mouvement flamand (l’autonomie culturelle) est atteint. Pourquoi développer les régions alors que la Flandre a le vent en poupe au plan économique et que « la majorité démographique (qui lui fait dominer le parlement national, NDLR) joue en sa faveur » ? Mais la jeune garde (Martens, Dehaene…) prend le dessus et fait voter un texte appelant à une « réforme fondamentale des institutions belges pour mettre fin à la crise politique permanente ». Dans « Il y a une vie après le 16 » (Labor), Dehaene écrira : « Je n’oublierai jamais le visage et la mimique du père Eyskens et des hommes de sa génération : ce que nous avions réussi à faire adopter par ce congrès, ils le jugeaient sacrilège. »

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