Saïd Charki avait été abattu par les gendarmes qui le filaient Reconstitution sous haute surveillance, cette nuit, à Anderlecht

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Journaliste service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Saïd Charki avait été abattu par les gendarmes qui le filaient Reconstitution sous haute surveillance, cette nuit, à Anderlecht

Il était 0 h 40, hier soir, lorsque le convoi de voitures a franchi les barrières dressées rue Brogniez. A leur bord, le juge De Valkeneer et ses enquêteurs, bien sûr, mais aussi 8 gendarmes et 8 témoins. Cagoulés et protégés par les hommes du Rotor (PJ de Bruxelles), les gendarmes ont refait chacun des gestes qui ont abouti à la mort de Saïd Charki.

Ce dernier a été abattu, le 7 novembre, rue Brogniez à Anderlecht, par les gendarmes planqués pour procéder à son arrestation. Tentant de fuir, le suspect s'est engouffré à bord d'une BMW où l'attendait un complice. Quelques mètres plus loin, le jeune homme d'origine marocaine tombait sous une pluie de balles... Hier soir, la reconstitution, un des derniers devoirs d'instruction, devait permettre aux enquêteurs d'y voir un peu plus clair.

Les points d'ombre sont en effet pléthoriques dans cette affaire instruite à l'origine par le juge Pignolet qui soupçonnait Saïd Charki d'appartenir à un réseau de trafiquants de drogue. A-t-il tenté de renverser les gendarmes, ceux-ci ont-ils délibérément éliminé leur cible? Les versions divergent selon les parties. La reconstitution de cette nuit visait à déterminer pourquoi les impacts de balles ont frappé le côté du véhicule et non l'avant. Expliquer également pourquoi Charki n'a pas été intercepté quelques secondes plus tôt, alors qu'il sortait de chez sa famille, rue Rossini.

Après les faits, une seconde instruction avait été ouverte à à charge d'inconnu pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Egalement à la tête de cette enquête, le juge Pignolet a finalement cédé le relais à son collègue Christian De Valkeneer après que la mère du défunt et ses conseils eurent déposé une requête en suspicion légitime devant la Cour de cassation. La suspicion portait sur les liens unissant le juge aux gendarmes qu'il dirigeait et dont il devait également analyser le comportement.

La reconstitution de cette nuit était bien sûr placée sous haute surveillance. En effet, dès l'annonce du décès et durant trois jours, les jeunes de Cureghem ont affronté les forces de l'ordre. Jets de pierres, bris de vitrines pour laisser déferler le torrent de haine des habitants. Plus de 150 jeunes avaient été interpellés à l'époque et une cinquantaine de dossiers avaient été ouverts, sur base notamment d'images saisies lors des incidents.

Pour éviter tout dérapage, un appel au calme a été lancé dans le quartier par la police d'Anderlecht chargée de la sécurité. Dans ce sens, l'opération a également été programmée vers 1 heure du matin et non à 19 h 30, l'heure à laquelle était survenu le drame. On espérait ainsi qu'il y ait moins de monde dans les rues. Et de fait, les policiers d'Anderlecht ont passé une nuit tranquille. Peu avant 4 heures, aucun incident majeur n'avait été signalé.

PATRICE LEPRINCE

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