SCENES DE CHASSE AGITEES DANS LE MEDOC LA MARCEAU,EMULE DE BARDOT POUR LA DEFENSE DES TOURTERELLES

Scènes de chasse agitées dans le Médoc

«La» Marceau, émule de Bardot

pour la défense des tourterelles

Sophie Marceau en larmes dans une voiture bombardée d'oeufs pourris et Brigitte Bardot exhibant une tourterelle tuée : leur charme crève sans doute (?) l'écran mais n'a eu aucun effet sur les chasseurs de tourterelles auxquels elles étaient venues opposer, le jour de la Pentecôte, dans le Médoc. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, entendait dénoncer cette chasse de printemps, pratiquée depuis des lustres dans la région viticole mais interdite par une directive européenne depuis 1979.

Samedi, l'animateur de télévision était accompagné à Bordeaux de trois stars du cinéma - Brigitte Bardot, Anémone et Sophie Marceau - ainsi que du professeur Théodore Monod, membre de l'Académie des sciences et président du Rassemblement des opposants à la chasse (ROC). Mais dimanche, seuls le professeur Monod et Sophie Marceau étaient présents avec une dizaine d'écologistes, pour sillonner les routes de la chasse.

Le voyage s'annonçait tendu : 300 gendarmes avaient été mobilisés, dont une cinquantaine pourvus de casques et de boucliers. Le cortège s'engagea le long d'un itinéraire prévu, longeant les «pylônes», sortes de miradors où les chasseurs attendent le vol des oiseaux. Chaque chemin bordant la route était bloqué par des petits groupes de chasseurs, interdisant toute approche et narguant ostensiblement les écologistes. Près de la pointe de Grave, 300 chasseurs attendaient les visiteurs, bien décidés à les empêcher de se rendre au poste d'observation et de comptage scientifique des passages de tourterelles. Injures, quolibets, bras d'honneur ont précédé un orage d'oeufs et de tomates sur les premières voitures, recouvrant totalement celle d'Allain Bougrain-Dubourg où avait pris place Sophie Marceau: terrorisée, en larmes, la jeune actrice ne dut qu'à son escorte de gendarmerie de ne pas être plus sévèrement molestée. Après une heure de palabres, le cortège se résigna à faire demi-tour et battre en retraite, toujours sous haute protection. «On veut défendre la vie, a déclaré l'actrice, on nous reçoit avec des insultes comme jamais ne n'en avais entendues : je suis profondément écoeurée par tout ce que j'ai vu. Les gendarmes se sont déplacés à 300 pour faire du bruit mais il n'y en a pas un qui nous a aidés à avancer, ils ont été tout à fait nuls»...

Lors d'une conférence de presse qui clôturait l'opération, Brigitte Bardot s'est levée, tenant solennellement dans ses mains une tourterelle abattue: Voilà ce que l'on tue. J'attaque le laxisme et l'indifférence du gouvernement, et la préfecture de Gironde qui se conduit lamentablement. (D'après l'AFP.)