Schaerbeek Un «signal fort» pour les automobilistes venant de l'aéroport La fontaine qui fait couler l'encre

Schaerbeek Un «signal fort» pour les automobilistes venant de l'aéroport La fontaine qui fait couler l'encre FRANÇOIS ROBERT

Un «signal fort» accueille désormais les automobilistes qui, venant de Zaventem et de Flandre, empruntent le boulevard Léopold III. Au croisement avec le boulevard Wahis, l'immense terre-plein a été habillé par la fontaine «Rivages», où l'intervention minérale et la présence d'un vaste mur couleur rouille ne font pas l'unanimité. Si bien que les «Rivages» ont déjà fait couler beaucoup d'encre avant même que l'eau n'en jaillisse!

La fontaine a en tout cas été payée rubis sur l'ongle par la Région bruxelloise (1 million d'euros) et elle a été inaugurée hier en grande pompe par le ministre régional Jos Chabert. Elle est le fruit de la réflexion de deux architectes, Sophie Mersch et Marianne Pouplier.

Son concept? Exploiter la vaste berme centrale en jouant avec l'eau d'une façon inhabituelle. La fontaine tire parti du terrain en pente. Elle se compose d'un brise-lame en pierre bleue qui bute contre un long mur couleur rouille, à front du boulevard Wahis. C'est de ce mur que glisse l'eau qui se réalimente elle-même (l'évaporation étant compensée par les pluies). Plus bas, la berme a été aménagée en une pelouse ondulée, suggérant les vagues. Effet réussi.

Lorsque l'eau coule, la fontaine recueille tous les suffrages. Sa taille et les quantités d'eau en mouvement en font un plaisir des yeux. Sous le soleil, on voit même apparaître un arc-en-ciel, dû à la réfraction de la lumière dans les gouttes d'eau. Le soir, un éclairage puissant (des réverbères d'autoroute) rend le site féerique.

Les «Rivages» du boulevard Wahis font hélas des vagues. Certains lui reprochent la présence du mur qui agresse le site. Le coût très élevé de l'oeuvre d'art a aussi suscité la controverse. De nombreux riverains ont écrit à la commune de Schaerbeek, scandalisés que l'on dépense de telles sommes alors que la commune est aux abois. Rappelons cependant que la Cité des ânes n'a pas été mêlée à ce projet régional. Enfin, le mur tant décrié fut d'abord peint en orange, ce qui a valu d'énergiques protestations. On se demande par ailleurs combien de temps il demeurera vierge de tags...