Six jours après le suicide d'Hubert Massa Liège: polémique entre magistrats sur la gestion du Parquet général

Six jours après le suicide d'Hubert MassaLiège: polémique entre magistrats sur la gestion du Parquet général

Le suicide de l'avocat Hubert Massa, qui s'est donné la mort mardi soir pour des raisons encore inexpliquées, est entré ce week-end dans une phase polémique: un ami du défunt et ancien avocat général du parquet de Liège, Jean-Philippe de la Croix, émettait l'hypothèse, ce samedi, dans les colonnes du quotidien «Vers l'Avenir», d'un lien entre ce drame et la conduite du parquet de Liège sous la direction de Mme Anne Thily, procureur général.

Pour Jean-Philippe de la Croix, devenu à sa propre demande... juge de la jeunesse à Dinant, Hubert Massa était un ami d'enfance: ils se connaissaient depuis l'âge de 15 ans, provenaient tous deux de la région verviétoise et s'étaient découvert une passion simultanée et commune, pour le barreau en premier lieu, pour le ministère public ensuite.

Mais, toujours selon M. de la Croix, le parquet général de Liège où ils officiaient tous deux serait devenu une équipe tiraillée entre les clans, où, affirme-t-il à nos confrères, on a voulu faire la chasse aux calotins . En conséquence, l'ex-avocat général affirme: Si je ne m'imaginais pas qu'il (Hubert Massa) puisse décider de se suicider, je savais que cela allait finir mal un jour ou l'autre. La dernière fois qu'il m'a téléphoné, il m'a dit: «Je me sens coincé.»

M. de la Croix met nominativement la gestion de Mme Thily en cause, affirmant: Léon Giet était un vrai patron, qui faisait corps avec son personnel. Anne thily n'incarne que l'autorité. (...) (Le suicide d'Hubert Massa) n'a rien à voir avec le fond du dossier (Cools), j'en suis sûr. Tout simplement, je trouve que la gestion du procureur général et la façon dont elle protège certaines personnes et en «charge» d'autres est inadmissible.

M. Massa, outre le dossier Cools, venait d'hériter du dossier Dutroux.

La situation aurait été telle que M. de la Croix affirme avoir demandé sa mutation peu glorieuse - tout comme un autre de ses collègues - parce que c'était ça ou bien nous y laissions notre peau.

A. L.