Genval-les-Eaux ITB-Tradetech entre dans son 2e centenaire : Sur les chemins de traverses

C’est un des fleurons de notre économie, qui réalise 90 % de ses 8 millions de chiffre d’affaires annuels à l’exportation. L’an passé, elle a rémunéré ses actionnaires à concurrence de 300.000 euros, et le ministère des Finances à raison de… 583.305, 85 euros. « Un client fidèle ! », a souri le ministre des Finances Didier Reynders (MR) venu ce jeudi prendre part au « premier » centenaire d’ITB-Tradetech à Genval. Une société qu’il connaît bien puisqu’il en a été le président du conseil d’administration durant deux ans.

Le grand public connaît aussi cette société, cotée en Bourse depuis 1913, soutenue depuis 28 ans par la Société régionale wallonne d’investissements (SRIW), représentée par son vice-président, le Chastrois Bernard Marchand. Du moins par ses traverses – d’abord en bois puis en béton – qui équipent les voies de la SNCB, de la Stib, mais également de la SNCF (avec un record de vitesse à 574,8 km/h grâce aux traverses d’ITB-Tradetech).

C’est le 13 juin 1908 que se crée l’Imprégnation des Bois à l’initiative de Fernand Hautain. Elle saura faire face à deux guerres mondiales, malgré des usines détruites, des magasins pillés ou des ouvriers tués. Et même à une troisième guerre de neuf ans avec la SNCB, la société ayant été rebaptisée en novembre 80.

« En 1985, la SNCB représentait encore 85 % de notre chiffre d’affaires, rappelle le Lasnois Christian Thomas, l’administrateur-délégué d’ITB-Tradetech, rentré dans la société en 1973. Et du jour au lendemain, plus de commandes. Ce qui est toujours le cas aujourd’hui. »

S’en suivra une belle bataille juridique, amenant la SNCB à devoir signer une transaction en 2001. Avec l’obligation de renouer les relations commerciales avec ITB-Tradetech. Ce à quoi Jean-Claude Fontinoy, le président de la SNCB Holding, s’est engagé ce jeudi : « Je n’oserais pas dire qu’à toute chose malheur est bon, mais ce conflit vous a obligé d’être présent aujourd’hui sur quatre continents et 36 pays et d’y réussir magnifiquement. »

Actionnaire de la SNCB

Pour Christian Thomas, dont la société emploie 10 personnes à Genval, mais des centaines dans le monde, « nous vendons les machines capables de fabriquer localement nos traverses et nous proposons l’ensemble des services liés à la voie ferrée, tels que les travaux de réhabilitation ou de maintenance. » Avec des partenariats importants, comme avec la société belge Vecturis qui vient d’être choisie par le président du Congo Joseph Kabila pour reprendre la gestion du chemin de fer congolais.

Et voilà qu’après avoir suivi des chemins de traverse pour se développer dans le monde, ITB-Tradetech peut rêver à de nouveaux chemins de traverses en Belgique. Pour montrer sa bonne volonté, Christian Thomas a annoncé en « scoop, non pas la personne (NDLR, à l’origine du conflit avec ITB-Tradetech), mais le fait que nous sommes devenus actionnaires, certes minoritaires, de la SNCB. »