TOURNAI Restauration de la sépulture d'Henri Van Cutsem La ville bienfaitrice d'un mécène

TOURNAI Restauration de la sépulture d'Henri Van Cutsem La ville bienfaitrice d'un mécène

C'était bien la moindre des choses: la Ville de Tournai a accepté de prendre en charge la restauration, dans le cimetière de Laeken, de la sépulture du grand mécène Henri Van Cutsem dont la générosité la dota autrefois avec une incroyable munificence. Non content d'offrir à Tournai - où , disait-il, il y a par bonheur une sélection d'hommes qui dirigent et qui n'ont rien du Béotien - ses formidables collections d'oeuvres d'art, qui comptaient notamment quelques chefs-d'oeuvre impressionnistes (Monet, Manet, Seurat,...), le richissime esthète bruxellois, décédé en 1904, lui abandonna en effet un legs de 200.000 francs destiné à financer la construction d'un musée où elles seraient rassemblées: un projet dont l'exécution fut, on le sait, confiée au génie du grand Victor Horta.

La Ville de Tournai, qui n'avait jusqu'ici trouvé d'autre façon d'exprimer sa reconnaissance au mécène que de baptiser une avenue à son nom, a donc résolu de ravaler à ses frais l'édicule néogothique qui s'élève sur la concession de la famille Van Cutsem au cimetière de Laeken: une sépulture décrépite qui n'avait dû qu'à la qualité de ses occupants d'échapper au démantèlement. Dans le même mouvement de gratitude émue, la commune de Saint-Josse-ten-Noode s'est engagée à pourvoir à l'entretien du monument. Il faut dire qu'elle avait, elle aussi, une dette de reconnaissance envers Henri Van Cutsem: en 1928, le sculpteur Guillaume Charlier, héritier de la fortune du grand collectionneur, avait à son tour légué à Saint-Josse le prestigieux hôtel particulier où Van Cutsem avait vécu, 16, avenue des Arts. La somptueuse demeure, à l'aménagement de laquelle Horta avait déjà été associé, devint un musée communal qui abrite, aujourd'hui encore, le très beau mobilier et les oeuvres d'art parmi lesquels Van Cutsem avait vécu.

S. D.