Transferts Le jeune prodige de Mouscron a signé pour 4 ans à Tottenham Jonathan Blondel fait le grand saut Des raisons différentes d'aller à l'étranger

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Transferts Le jeune prodige de Mouscron a signé pour 4 ans à Tottenham

Jonathan Blondel fait le grand saut

A 18 ans, Jonathan Blondel, considéré comme le plus grand espoir belge, a décidé de quitter la Belgique pour aller tenter sa chance à Tottenham.

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

A l'âge où la plupart des joueurs ont encore comme seul objectif un contrat pro, Jonathan Blondel a lui fait le grand saut. Mardi soir, au terme d'une dernière batterie de tests, il a signé un contrat de 4 ans (on parle d'un transfert avoisinant 1,25 million d'euros, ce qui n'est pas énorme) en faveur de Tottenham, un des « grands » de la Premier League anglaise. Pas mal pour un joueur qui, jusqu'ici, n'a jamais été considéré, malgré tout le bien que l'on pensait de lui, comme un titulaire à part entière à l'Excelsior Mouscron.

Mais si Tottenham m'a proposé de venir en me promettant une place dans le noyau A alors qu'il est actuellement riche de 40 unités et sera bientôt expurgé de 15 noms, c'est que David Pleat, le manager, et Glenn Hoddle, l'entraîneur, savent ce que je vaux, assène Jonathan Blondel. A Mouscron, je sentais bien que Hugo Broos ne me faisait pas tout à fait confiance même si je comprends sa volonté de protéger les jeunes joueurs. Mais il ne me considérait pas comme un titulaire à part entière. Quand le joueur que je remplaçais revenait de blessure, je retournais sur le banc. Pour tout dire, j'avais peur que cela soit encore comme cela cette saison. Alors quitte à être sur le banc, autant l'être à Manchester qu'à Lommel !

Jonathan Blondel ne manque pas de culot. Est-ce parce que, comme Frank Vandenbroucke, lui aussi longtemps présenté comme le grand prodige de sa discipline, il est originaire du village de Ploegsteert ? Ils ne se connaissent du reste que de loin et Blondel espère connaître une carrière moins tumultueuse que celle de son célèbre voisin.

C'est le 28 juillet, au terme du championnat d'Europe des moins de 19 ans qu'il disputera avec l'équipe belge en Norvège, que Blondel reprendra le chemin de White Hart Lane. Avec quels objectifs ? Pour moi, dit-il, cette première saison doit d'abord servir à m'intégrer dans ce club tout en décrochant quelques places sur le banc. Pour le reste, je ne m'inquiète pas trop. D'autant que, depuis toujours, ma préférence va au football anglais, que je considère comme le plus beau championnat.

Son ancien entraîneur au Canonnier, Hugo Broos, aujourd'hui à Anderlecht qui aurait bien besoin d'un joueur possédant le profil de Blondel, n'est pas aussi enthousiaste. Il me paraît difficile pour un joueur de refuser une telle offre, explique-t-il, mais je suis un petit peu sceptique. Pas quant à ses qualités qui sont énormes mais d'un point de vue physique : je crains qu'il supporte difficilement le contrecoup d'une préparation physique qui est autrement plus exigeante en Angleterre qu'en Belgique. J'ai peur qu'il n'ait pas la résistance nécessaire pour s'imposer physiquement dans un club de ce niveau. Je crois qu'il aurait peut-être dû rester encore un ou deux ans à Mouscron.

Pour Tottenham, ce transfert n'a rien d'un coup de tête puisque l'on sait que les Spurs se sont déplacés à une quinzaine de reprises à Mouscron pour y visionner le joueur et discuter avec la direction hurlue. Le transfert de Blondel était donc une priorité pour Hoddle dont l'effectif ne manque pourtant pas de vedettes confirmées (Ziege, Poyet, Sheringham, Les Ferdinand, Rebrov, Iversen). Si Blondel s'est dit, lors de sa présentation via l'internet aux supporters londoniens, attiré par ce club aux options offensives, c'est surtout parce qu'il ne manque pas d'ambitions que le Hennuyer a opté pour Tottenham après s'être permis de repousser des offres de Manchester Utd et de Schalke 04, deux clubs prestigieux qui l'avaient également invité voici plusieurs mois.

La grosse différence, explique le joueur mouscronnois, c'est que, à Tottenham, on m'a formellement promis de faire partie du noyau A alors que Manchester Utd et Schalke 04 proposaient de m'enrôler pour leur équipe des moins de 19 ans, ce qui ne m'intéressait pas puisque je jouais déjà en première à Mouscron. Je suis sûr d'avoir pris la bonne décision. Mon objectif est de m'imposer à Tottenham dans les quatre ans qui viennent et puis monter encore plus haut. Bigre...·

Des raisons différentes d'aller à l'étranger

Aujourd'hui, on ne s'étonne plus de voir un gamin de 18 ans comme Jonathan Blondel signer en faveur d'un grand club étranger. La façon dont ont explosé à à peine 20 ans les jeunes stars françaises (Henry, Trezeguet) impose presque aux plus grands espoirs d'aller tenter leur chance dans un grand cercle européen dès leur plus jeune âge. Ceux qui, comme les Mpenza ou les nombreux jeunes partis s'émanciper aux Pays-Bas, l'ont fait n'ont pas eu à s'en plaindre alors que des joueurs quittant la Belgique à 27-28 ans réussissent rarement à l'étranger.

Comme on passe son temps à se lamenter sur le départ des rares joueurs de talent évoluant sur les pelouses belges, cette saison ne fera pas faux bond. Certes, un an après les départs de Hossam, Goor, Koller ou Radzinski, l'hémorragie est moins spectaculaire, mais, avec des jeunes désireux de monnayer leur talent au plus vite comme Blondel, Proto (qui va à Vicence) ou Stoica (qui croyait se recaser bien plus facilement), le championnat belge perd quelques joueurs capables de l'enflammer même si le champion genkois a pu préserver son effectif, ce qui n'est pas négligeable en regard de ce qui s'est passé ces dernières années.

Mais le championnat perdra aussi des éléments comme Beloufa (GBA), un joueur comme Verschuere (qui quitte Gand pour Sedan), qui a tellement étonné qu'il était présent dans le classement du Soulier d'or et qu'on imaginait déjà de lui proposer la naturalisation vu son ascendance belge, et probablement un Kargbo qui était l'élément le plus talentueux du RWDM et un Bangoura (Lokeren) pour lequel Lille fait le forcing.

Enfin, loin des espoirs qui veulent lancer leur carrière, il y a, tel Daniel Camus, ceux qui veulent saisir la dernière occasion de réaliser une bonne opération financière. Après ses galères malinoises, où l'on l'avait interdit de transfert vers l'étranger, Camus s'est parfaitement relancé à Charleroi où il serait resté si le Sporting avait consenti un effort financier. Il sera donc à l'oeuvre au Waldhof Mannheim, en Allemagne.·

J.-F. Lws

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