UN CONVALESCENT REDONNE DES COULEURS A BENETTON BERGER:WEEK-END TRES EMOUVANT SUITE SERIE DES RUMEURS GRAND PRIX EN CHIFFRES

Temps de lecture: 9 min

Un convalescent redonne des couleurs à Benetton

Absent des 3 dernières courses, Berger a effectué un impressionnant retour gagnant. Schumacher, lui, sourit en pensant au championnat.

HOCKENHEIM

De notre envoyé spécial

La formule 1 est une grande famille où tout le monde s'aime. Pendant que Michael Schumacher servait de chauffeur de taxi à Giancarlo Fisichella («l'ennemi» de son frangin), les mécaniciens de Ferrari applaudissaient Gerhard Berger pour ce premier succès Benetton dans l'ère post-Schumacher. Sans parler de Flavio Briatore qui, tout d'un coup, avait retrouvé son sourire ravageur après 26 Grands Prix sans la moindre victoire !

Plus sérieusement, ce 10e succès de Berger en 203 Grands Prix a un côté sympathique. Pour la personnalité de l'Autrichien, pour les moments pénibles vécus de sa maladie personnelle au décès de son père dans un accident d'avion. Que ce succès survienne à Hockenheim ajoute un piment supplémentaire dans la mesure où cette victoire était sienne, l'an dernier, à deux tours de l'arrivée quand son moteur l'abandonna.

Pour Benetton, c'est aussi la résurrection, même si les essais du début de saison avait été prometteurs. Mais la concrétisation en course se faisait attendre. Il aura fallu le retour de l'aîné des pilotes en activité pour que cela se réalise.

Avec brio d'abord : la pole, le meilleur tour et la victoire. Avec risques ensuite en optant pour la stratégie des deux ravitaillements qui nécessitait obligatoirement que l'Autrichien abordât le premier virage en tête.

Berger ne rata pas sa cible. Il ne lui restait plus qu'à gérer sa course en fonction de Giancarlo Fisichella, son plus redoutable adversaire du week-end. Sans une crevaison, l'Italien montait sur la deuxième place du podium. Mais il a dû laisser ce privilège à Michael Schumacher, heureux de l'aubaine.

Une fois de plus, l'Allemand a fait la bonne opération du week-end en portant son avantage à dix unités (une victoire) sur Jacques Villeneuve. Malgré la perte du cinquième rapport vers la mi-course et quelques soucis d'essence qui l'obligèrent à un retour au stand calculé, l'Allemand a fait vibrer le stadium. Pétards, drapeaux allemands et le rouge de Ferrari étaient de sortie pour fêter cette 2e place presque considérée comme un succès.

Satisfaction également chez Prost où les sourires sont de retour. Jarno Trulli a en effet fait oublier sa pauvre prestation de Silverstone.

En revanche, la soupe à la grimace est de mise chez Williams où le week-end fut catastrophique. Absolument pas compétitives en qualifications, les monoplaces de Grove n'ont même pas vu le drapeau en damier en raison d'erreurs de leurs pilotes. En 20 départs, Villeneuve et Frentzen n'ont vu l'arrivée que 11 fois. Pire, à 7 reprises, un accident à mis un terme à leur course ! C'est beaucoup. Presque autant que les huit casses du moteur Ford chez Stewart.

Michael Schumacher alignant avec régularité les courses dans les points (8 fois sur 10), Villeneuve doit commencer à se poser des questions pour la course au titre.

Pour d'autres raisons, Eddie Jordan doit également être déçu de son week-end allemand. Le potentiel était là via Fisichella,et ce tant en qualifications qu'en course. Le pneu arrière gauche en a décidé autrement.

Même si l'Italien n'aurait certainement pas pu lutter pour la victoire jusqu'au terme des 45 tours, il a prouvé qu'il faudra compter avec lui à l'avenir.

ÉTIENNE PAIROUX

Berger : «Un week-end très émouvant»

Le Grand Prix d'Allemagne réussit décidément bien à Gerhard Berger. Sa dernière victoire, il l'avait acquise à Hockenheim en 1994. L'année suivante, il montait sur la troisième marche du podium avant de devoir renoncer à 2 tours de l'arrivée, l'an dernier, alors qu'il était en tête de la course. Ce week-end, il a fait carton plein : la pole, le meilleur tour et la victoire !

Durant ce week-end, j'ai dû recevoir un surcroît d'énergie et je pense savoir d'où, souriait-il avant de reprendre son discours décliné à l'issue des qualifications : Maintenant, je dois prendre trois Grands Prix de congé avant de participer à une nouvelle épreuve.

Pourtant, cette victoire aurait pu être remise en cause par la stratégie des 2 ravitaillements.

Pour que cette option soit la bonne, je devais être en tête au premier virage. Ce fut le cas. Mais, après mon deuxième arrêt au stand, j'ai été surpris de reprendre la piste à moins d'une seconde de Fisichella. Peu de temps auparavant, j'avais été gêné par la casse d'un moteur à l'entrée du stadium. J'ai dû sérieusement freiner car je n'y voyais plus rien, et cela m'a coûté quelques secondes. Mais l'espoir de victoire de Fisichella s'estompait rapidement. A la 2e chicane, il a commis une erreur. J'étais résolu à le pousser à la faute car je savais que ce serait difficile de le passer, même avec mes pneus neufs.

L'Italien ayant abandonné, Berger contrôlait la fin de l'épreuve en ménageant sa consommation et ses freins pour remporter la 10e victoire de sa carrière.

Mais il ne faut surtout pas croire que nous sommes revenus en haut de la hiérarchie des écuries, lança-t-il en guise d'avertissement, même si, depuis le début de saison, nous avons un certain potentiel qui n'a pas pu s'exprimer pour différentes raisons. En tout cas, ce week-end restera quelque chose de très spécial pour moi. L'émotion a été présente durant les 3 jours.

Et Berger de songer déjà au GP de Hongrie qu'il va préparer, jeudi et vendredi, à Silverstone.

E. Px

La suite

de la série

des rumeurs

La rumeur fait partie intégrante de la F 1. Et quand une dizaine de pilotes sont en fin de contrat, la direction qu'ils s'apprêtent à prendre alimente bon nombre de conversations.

Dressons un inventaire de ce qui s'est dit ce week-end.

Chez Williams, le statu quo devrait être de mise concernant les pilotes.

En revanche, chez Ferrari, l'option sur Irvine doit être levée dans une semaine et les noms d'Hakkinen et de Salo circulent abondamment.

Du côté de McLaren, on affirme officiellement sa confiance en Coulthard et Hakkinen, mais aucun n'a encore prolongé son contrat. Damon Hill pourrait-il s'y offrir un baquet alors que Mercedes serait prêt à monnayer l'arrivée de Ralf Schumacher...

Fisichella, en partance chez Benetton même si rien ne serait signé, devrait être épaulé par Wurz alors que Jordan, en attendant Alesi, aurait également un «problème» Nakano à résoudre en raison de son futur contrat Mugen Honda.

E. Px

PADDOCK

Casquette. La célèbre casquette rouge de Michael Schumacher était omniprésente à Hockenheim. Et pour cause : 5 millions d'exemplaires ont été vendus au prix modique de 30 $ (1.100 F) la pièce alors que le coût de fabrication est évalué à... 90 cents (32 F) !

Duez. Après sa 3e place en GT à Francorchamps, soit une semaine avant sa victoire aux 24 Heures, notre compatriote avait téléphoné à Alesi. Je suis avec Gache. Tu sais où nous sommes ? A «l'arbre qui tue ». Il faudra que je te le montre un jour. Et l'Avignonais de nous interroger ce samedi : Vous savez de quoi il s'agit ? Les habitués de Francorchamps auront compris que le coup de fil provenait de la plus célèbre des buvettes de notre circuit ardennais...

Fisichella. Contrairement à ce qui a été annoncé par Briatore, l'Italien n'aurait pas encore signé chez Benetton pour 1998. Pour cela, ledit Briatore devrait racheter sa 2e année de contrat à Eddie Jordan. Une affaire Michael Schumacher bis entre Jordan et Benetton ?

Invités. Jackie Stewart avait un invité de marque, ce week-end, en la personne de Phil Collins. Boris Becker, à l'initiative de Mercedes, et Steffi Graf étaient également présents alors qu'Emerson Fittipaldi et Franziska Van Almsick déambulaient dans le paddock. Jordan, lui, avait préféré recevoir Nadine Schmitt, Miss Allemagne 1997.

Panis. Si tout va bien, il sera de retour à Francorchamps. Mais d'abord en touriste.

ESSAIS

Berger. Dans mes contrats, je devrais demander à prendre 3 Grands Prix de repos entre chaque course. Berger venait d'obtenir la 12e pole de sa carrière en 203 GP, la dernière remontant au GP de Belgique 1995, avec Ferrari.

Williams. Pourquoi les Williams sont-elles si loin aux essais, Mika ? Les pilotes, sourit-il, non je ne sais pas. Lors du premier Grand Prix de la saison, Villeneuve avait mis plus de 2 secondes à tous ses rivaux à l'exception de Frent-zen. Dix Grands Prix plus tard, il était à une seconde.

M. Schumacher. Samedi, il a écopé d'une amende de 5.000 $ (185.000 F) pour vitesse excessive (89 km/h) dans les stands.

COURSE

Villeneuve. J'ai élargi ma trajectoire dans un virage et Trulli en a profité pour se glisser à côté de moi, me forçant à rester à l'intérieur dans la ligne droite. Je me suis finalement retrouvé derrière lui. Puis il m'a suivi du regard dans ses rétroviseurs en louvoyant. En arrivant au freinage, j'étais trop sur l'intérieur et j'ai bloqué les roues.

M. Schumacher. Pour le championnat, les choses vont plutôt bien. A la fin de la course, j'ai demandé qui marquait des points et on m'a répondu que Villeneuve avait abandonné. Mais je préfère gagner le titre en me battant contre quelqu'un plutôt que de profiter d'abandons.

LE GRAND PRIX EN BREF

Départ : Marques ne part pas. Berger s'envole devant Fisichella, Schumacher et Hakkinen. Au 1er virage, la roue avant droite de la Williams de Frentzen touche la roue arrière gauche de la Ferrari d'Irvine. Ils abandonnent alors que Coulthard (touché à l'aileron avant) sort dans l'herbe à l'entrée du stadium. Il se retire au tour suivant.

1er tour : Berger devance Fisichella, Michael Schumacher, Hakkinen, Alesi et Villeneuve, parti de la 9e place.

9e tour : Diniz touche Herbert (10e) : 2 abandons de plus.

13e tour : Fontana part en tête-à-queue mais poursuit.

17e tour : Après avoir bouclé le 16e tour avec 12 secondes d'avance sur Fisichella, Berger effectue son premier ravitaillement, une boucle après Alesi. L'Autrichien reprend la piste en 4e position, à 11 secondes de Fisichella. Berger, Alesi et Hill sont les seuls à miser sur 2 ravitaillements.

21e tour : Tous les autres ayant opté pour un seul arrêt, la valse commence avec Villeneuve, Hakkinen puis, au tour suivant, les frères Schumacher. Fisichella et Trulli rentrent au 24e tour.

25e tour : Tout le monde ayant ravitaillé, Berger devance Fisichella (16,3 s), Alesi (19,5), M. Schumacher (19,9), Hakkinen (35), Villeneuve (38) et Trulli (39).

33e tour : Villeneuve, en bagarre avec Trulli, sort de la piste alors que Barrichello est victime d'une nouvelle casse moteur, quelques tours après Magnussen. Au tour suivant, Berger ravitaille pour la deuxième fois, repart derrière Fisichella mais le passe à la 2e chicane. Il boucle le 35e tour avec 1,4 s d'avance sur Fisichella et 7 sur M. Schumacher.

38e tour : Fisichella, victime d'une crevaison à l'arrière gauche, rentre au stand avec peine puisqu'il part en tête-à-queue et repart 7e pour abandonner dans la boucle suivante.

40e tour : Michael Schumacher effectue un bref ravitaillement en essence qui ne lui coûte pas sa 2e place.

45e tour : Berger remporte la 10e victoire de sa carrière.

LE GRAND PRIX EN CHIFFRES

Grille de départ

1. Berger (Aut - Benetton-Renault) 1.41.873

(moyenne: 241,111 km/h)

2. Fisichella (Ita - Jordan-Peugeot) 0.023

3. Hakkinen (Fin - McLaren-Mercedes) 0.161

4. M. Schumacher (All - Ferrari) 0.308

5. Frentzen (All - Williams-Renault) 0.548

6. Alesi (Fra - Benetton-Renault) 0.620

7. R. Schumacher (All - Jordan-Peug.) 0.625

8. Coulthard (G-B - McLaren-Merc.) 0.814

9. Villeneuve (Can - Williams-Renault) 1.094

10. Irvine (Irl - Ferrari) 1.336

11. Trulli (Ita - Prost-Mugen-Honda) 1.353

12. Barrichello (Bré - Stewart-Ford) 1.399

13. Hill (G-B - Arrows-Yamaha) 1.488

14. Herbert (G-B - Sauber-Petronas) 1.787

15. Magnussen (Dan - Stewart-Ford) 2.054

16. Diniz (Bré - Arrows-Yamaha) 2.196

17. Nakano (Jap - Prost-Mugen-Honda) 2.239

18. Fontana (Arg - Sauber-Petronas) 2.679

19. Salo (Fin - Tyrrell-Ford) 3.499

20. Verstappen (P-B - Tyrrell-Ford) 3.938

21. Marques (Ita - Minardi-Hart) 4.069

22. Katayama (Jap - Minardi-Hart) 4.626

Délai de non-qualification

107 % 7.131

Arrivées

Après les 45 tours (307,035 km)

1. Berger (Benetton) 1 h 20.59.046

(moyenne : 227,477 km/h)

2. M. Schumacher (Ferrari) à 17.527

3. Hakkinen (McLaren) 24.770

4. Trulli (Minardi) 27.165

5. R. Schumacher (Jordan) 29.995

6. Alesi (Benetton) 34.717

7. Nakano (Prost) 1.19.722

8. Hill (Arrows) 1 tr

9. Fontana (Sauber) 1 tr

10. Verstappen (Tyrrell) 1 tr

11. Fisichella (Jordan) (crevaison) 5 trs

Tour : Berger, 1.45.747 (232,278 km/h)

Les abandons et leur cause

34e tr : Villeneuve (Williams) sortie

34e tr : Barrichello (Stewart) moteur

34e tr : Salo (Tyrrell) embrayage

28e tr : Magnussen (Stewart) moteur

24e tr : Katayama (Minardi) panne essence

9e tr : Herbert (Sauber) accrochage

9e tr : Diniz (Arrows) accrochage

2e tr : Coulthard (McLaren) transmission

2e tr : Frentzen (Williams) accrochage

2e tr : Irvine (Ferrari) accrochage

1er tr : Marques (Minardi) transmission

Championnats

PILOTES

1. M. Schumacher (All) 53

2. J. Villeneuve (Can) 43

3. J. Alesi (Fra) 22

4. G. Berger (Aut) 20

5. H-H. Frentzen (All) 19

6. E. Irvine (Irl) 18

7. O. Panis (Fra) 15

8. M. Hakkinen (Fin) 14

9. D. Coulthard (G-B) 13

10. R. Schumacher (All) 9

11. G. Fisichella (Ita) 8

12. J. Herbert (G-B) 7

13. R. Barrichello (Bré) 6

14. A. Wurz (Aut) 4

15. J. Trulli (Ita) 3

16. M. Salo (Fin) 2

17. Larini, Nakano, Hill 1

CONSTRUCTEURS

1. Ferrari 71

2. Williams-Renault 62

3. Benetton-Renault 46

4. McLaren-Mercedes 28

5. Prost-Mugen Honda 19

6. Jordan-Peugeot 17

7. Sauber-Petronas 8

8. Stewart-Ford 6

9. Tyrrell-Ford 2

10. Arrows-Yamaha 1

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