Le Snark, une école de la vie

Neuf heures moins le quart, quelques minutes avant le début des cours. Le bureau des éducateurs ne désemplit pas. Entre les profs ou les éducs qui prennent leur tasse de café et les élèves qui ont une histoire à raconter ou un objet à retrouver, le réveil est tonique. Les jeunes sont accueillants, un bonjour voire même une joue ou une main qui se tend. Pas à dire, cette école est particulière. « Même si la structure est spéciale, on fait bien de l'enseignement général, explique Grégory Verté, psychologue et éducateur. Les élèves qui passent chez nous peuvent retourner dans n'importe quel autre établissement par la suite. Pour beaucoup, le problème est lié à des troubles du comportement, mais ils sont intelligents. » « Il faut être ludique pour arriver à capter leur attention et les intéresser, mais une fois que c'est fait, les réflexions sont vraiment très intéressantes », précise Marie Christine Degrève, professeur de formation.

Des jeunes à apprivoiser

Les jeunes qui sont au Snark font partie de ces caïds qui terrorisent les classes et les profs de l'enseignement traditionnel, c'est vrai... mais pas uniquement. « Chacun vient avec son histoire particulière, dit Gregory Verté, il faut savoir être progressif dans l'exigence et la tolérance. Les jeunes sont tenus d'aller en classe, mais doivent apprendre à y rester, à respecter la parole de l'autre et à respecter le prof. Au début, ce n'est pas toujours facile mais comme ils testent nos limites, il faut savoir rester ferme. Pareil pour les tâches, chacun participe à la vie en communauté. Au départ, c'est difficile de faire admettre à certains ados qu'ils vont devoir faire la vaisselle. Si le premier jour ils empoignent déjà la lavette pour essuyer la table, c'est un point positif. Cela veut dire qu'ils acceptent les règles. » Les jeunes ne sont donc pas uniquement rescolarisés, mais également resocialisés pas à pas.

Construire son projet

Le but de cette école particulière est de permettre à chacun de ces jeunes de se créer un avenir, de réfléchir à ce qu'il veut et de lui donner les moyens d'y parvenir. « On n'oblige pas les jeunes à rester, ajoute Marie-Christine Degrève. Vous pouvez voir qu'il n'y a pas de grillage, ils sont libres de s'en aller s'ils le veulent. Généralement, nos jeunes restent deux ans puis s'en retournent dans des écoles traditionnelles. Quand ils décident de s'en aller plus tôt et que l'on juge que c'est un peu prématuré, on leur dit mais on ne les retient pas. Ce choix leur appartient. » Les jeunes du Snark sont donc confrontés plus tôt que les autres ados à se poser des questions concernant leur avenir et la manière par laquelle ils concrétiseront leurs envies. Mais ils ne sont pas seuls...

Tél. : 064/22.00.32 ou 064/21.23.52 E-mail : lesnark@lesnark.be