UN FAMEUX PELOTON DE RETRAITES: ARGENTIN,DELGADO,KELLY, LEMOND ET MOTTET S'EN VONT

Argentin, Delgado, Kelly, LeMond et Mottet s'en vont

Un fameux peloton de retraités

Les «papys» trentenaires raccrochent leur vélo au clou. Après Laurent Fignon et Stephen Roche l'an passé, voici venu le tour de Greg LeMond, de Sean Kelly et de Moreno Argentin, dont les exploits ont animé les années 1985-1990.

En présentant, mardi, le Tour le plus «vert» de ces dernières années, mardi, son directeur Jean-Marie Leblanc a rendu hommage à trois «anciens». A Greg LeMond, bien sûr, dont les deux dernières saisons ballottant entre méforme et maladie ne sauraient effacer le champion courageux et talentueux qu'il fut (premier Américain à gagner le Championnat du monde et le Tour de France), l'homme délicieux et disponible qu'il reste. A Charly Mottet aussi et à Marc Madiot, tous deux ayant prouvé que les Français étaient aussi des chasseurs de classiques.

Au-delà de ces trois figures attachantes, c'est un vrai petit peloton qui abandonne la scène. Pedro Delgado, prédécesseur de Miguel Indurain dans le coeur des «afinionados» espagnols, Franco Chioccioli, fausse copie de Fausto Coppi pour les «tifosi», Gert-Jan Theunisse, chéri des supporters néerlandais. Et, bien sûr, Moreno Argentin et Sean Kelly. L'Italien et l'Irlandais sont déjà entrés dans l'histoire du sport cycliste, à tout le moins dans les palmarès des grandes classiques de ce sport.

Argentin s'est retiré en cours de saison après deux derniers coups d'éclat: le premier dans les Ardennes (Flèche wallonne) où il trouva un terrain d'expression idéal pour ses qualités, le second dans le Giro quand il mena au succès un prodige russe nommé Berzin.

A cette occasion, le maître à courir que fut toujours le Vénétien, entré désormais dans l'encadrement de l'équipe Gewiss, prouva l'aspect collectif du cyclisme, sport d'équipe dont le classement est individuel.

A 38 ans, Kelly a sans doute fait la saison de trop dans la petite équipe française de Corbeil-Catavana. Le constat est facile à dresser en fin d'année... mais qui en aurait juré au mois de février ? L'Irlandais, toujours habile à exploiter les moindres ouvertures, a souvent habitué aux exploits imprévus. Le dernier remontant à deux ans seulement avec le Milan-San Remo 1992, gagné aux dépens de... Moreno Argentin.

Des grands personnages des années 1980, il ne reste plus que Gilbert Duclos-Lassalle, vétéran de 40 ans qui abordera l'an prochain sa dix-neuvième saison dans le peloton des «pros». Avec la motivation d'un cadet du Béarn quand il se présentera au départ de Paris-Roubaix, de ces pavés du Nord qu'il rêve de dominer une troisième fois.

Ses anciens compagnons s'en vont... sauf revirement de dernière minute. «C'est dur de quitter un métier qu'on aime», avouait récemment Charly Mottet, qui a vécu intensément sa dernière saison, qui a apprécié à l'extrême ses dernières courses sur route. Leur popularité, leur expérience, leur talent, intéresse toujours des directeurs sportifs. Mais, pour eux, le vélo n'est plus un outil de travail. Seulement un objet de plaisir. (AFP).