UNE OUVERTURE SUR LE MONDE GRACE A LA CONFERENCE OLIVAINT

UNE OUVERTURE

SUR LE MONDE

Grâce à la Conférence Olivaint

Si des études de qualité forment la base incontestable d'une formation solide, elles ne suffisent pas, loin de là, à transformer un étudiant timide en professionnel prêt à faire face à toutes les circonstances de la vie publique. Jobs étudiants et stages peuvent heureusement enrichir l'expérience du néophyte. Mais il existe aussi d'autres voies, différentes, pour acquérir à la fois davantage d'assurance et d'ouverture sur le monde. Un exemple parmi d'autres: la Conférence Olivaint de Belgique, COB. Cette institution discrète - elle fut fondée en 1954 sur le modèle de sa soeur française née, elle, en 1875 et baptisée du nom de son fondateur, le Père Olivaint - a compté parmi ses membres bon nombre de futurs hommes d'affaires et politiques, dont notamment François-Xavier de Donnéa ou Jean-Luc Dehaene.

Car une des particularités de la Conférence, c'est d'avoir réussi à rester nationale et donc bilingue. De même, si elle souhaite intéresser les jeunes à la politique, elle se veut en dehors des clivages de partis ou de confession. Elle est en effet ouverte aux étudiants de licence de toutes les universités ou instituts supérieurs du pays. En pratique cependant, on notait ces dernières années une nette prédominance des étudiants de la Faculté de droit de l'UCL, l'ULB étant moins représentée. Mais, selon les organisateurs, cet état de choses est involontaire et probablement dû à un certain effet boule de neige du «recrutement» via le bouche à oreille.

Chaque année donc, une trentaine d'étudiants s'engagent dans une double aventure: de début octobre à fin mars, ils consacrent deux samedis après-midi par mois à se réunir pour écouter des conférenciers de tous horizons, pour s'entraîner à prendre la parole en public et enfin pour préparer le voyage d'étude qu'ils effectueront l'été suivant. Après la Bolivie en août 90, l'été 91 verra le groupe d'étudiants visiter la Tchécoslovaquie. Chacun choisit un domaine d'intérêt concernant le pays choisi, le prépare tout au long de l'année, l'approfondit grâce à des contacts sur place avant de rédiger un chapitre du rapport final qui suit le retour en Belgique.

Concrètement, la COB est une ASBL sans frais de fonctionnement. Placée sous le patronage des Affaires étrangères, qui fournit notamment des contacts diplomatiques dans les pays visités, la Conférence reçoit un petit subside de la Communauté française, mais fonctionne principalement grâce aux dons de parrains qui sont déductibles des impôts. Les sommes ainsi réunies servent à financer une partie des frais du voyage d'étude, le reste, soit généralement une moitié, étant à charge des étudiants qui doivent, à leur tour, trouver des parrains.

Seul défaut de la Conférence: le fait que les nouveaux membres sont souvent des amis ou connaissances des anciens accentue malheureusement son côté fermé et quelque peu élitiste. Néanmoins, elle constitue pour tous ceux qui ont la chance d'y adhérer un excellent tremplin: apprendre à parler en public, à rédiger un travail de longue haleine, rencontrer régulièrement des conférenciers intéressants et enfin confronter à la réalité du terrain des connaissances théoriques, tout cela est évidemment enrichissant. Reste une autre qualité majeure, remarquable dans un pays comme la Belgique: le bilinguisme total. Il est demandé aux étudiants qui s'inscrivent une connaissance au minimum passive de l'autre langue nationale. Mais après quelques mois de discussions bilingues, explique cette étudiante liégeoise, je sens que mon néerlandais progresse à grands pas...

Conférence Olivaint, 248, Av. Molière, 1060 Bruxelles. Tél: 345.48.48.

VÉRONIQUE KIESEL