Une soirée grandiose 

Si «VDH», en 48"17, n'a pas amélioré sa marque mondiale (47"84), l'Australienne Jodie Henry a fait tomber le record de sa compatriote Lisbeth Lenton (53"66) pour le porter à 53"52. Quant aux Américaines Natalie Coughlin, Carly Piper, Kaitlin Sandeno et Dana Vollmer, elles ont pulvérisé de plus de deux secondes (7'53"42
contre 7'55"47) le plus vieux record de la natation (1987) et dernier vestige est-allemand, sous le regard de Dick Pound, président de l'Agence mondiale antidopage.

Sur 100 m, au coup du starter, le surprenant Sud-Africain Roland Schoeman, passé en un an d'une élimination en séries des Mondiaux au prestigieux couloir 4 de la finale des Jeux, partait comme un obus et passait au 50 m avec 54 centièmes d'avance sur le record du monde. Je voulais rester calme, mais j'ai vu ce satané de Sud-Africain partir comme un fou. C'est devenu de la folie, a expliqué Van den Hoogenband.
 
Soutien princier

Dans une ambiance de feu, le Néerlandais, 5e seulement au virage à 67/100e de Schoeman, couvert d'or en relais dimanche, passait alors la surmultipliée sous les yeux de son père Cees-Rein, sautant dans tous les sens. Le Prince héritier des Pays-Bas Willem Alexander, vêtu d'orange et mettant de côté la réserve princière, y allait lui aussi de ses encouragements sonores. Schoeman tentait de résister mais devait laisser le commandement dans les dix derniers mètres au Néerlandais volant qui imposait son immense carcasse de six centièmes. 

Vous ne pouvez pas savoir combien c'est difficile de défendre un titre, a résumé le «roi» de Sydney qui rejoint dans la légende des Jeux Duke Kahanamoku (1912, 1920), Johnny «Tarzan» Weissmuller (1924, 1928) et Alexander Popov (1992, 1996), les seuls nageurs à avoir conservé leur titre sur la distance reine. Les 11.000 spectateurs de la piscine olympique exultaient tandis que VDH tombait dans les bras de l'Australien Ian Thorpe, beau médaillé de bronze et auteur du plus beau 100 m de ma (sa) vie, lui qui avait pourtant enlevé les 200 et 400 m. 

«De la folie»

Mais la folle soirée ne faisait que commencer. Quelques minutes plus tard, Natalie Coughlin, sacrée sur 100 m dos et médaillée d'argent du relais 4x100 m, lançait le 4x200 sur des bases presque insensées, 90 minutes seulement après s'être qualifiée pour la finale du 100 m individuelle. Plus étonnant encore, Carly Piper et Dana Voller poursuivaient sur le même tempo et le tableau de résultats affichait longueur après longueur une confortable avance sur l'irréel record du monde de la RDA aux Championnats d'Europe de Strasbourg. Un record vieux de 17 ans. Kaitlin Sandeno réalisait un excellent dernier relais pour boucler la finale deux secondes et 5 centièmes plus vite que les Est-Allemandes. 

Dans cette folle ambiance, le record de Jodie Henry en demi-finale du 100 m nage libre passerait presque inaperçu. Henry, qui comptait 43 centièmes de retard au virage, effectuait un dernier 50 m extraordinaire remontant la Néerlandaise Inge De Bruijn pour battre le temps de Lisbeth Lenton, même pas qualifiée pour la finale, de 14 centièmes. C'est de la folie, mais le travail n'est pas terminée, commentait Jodie Henry en songeant déjà à la finale de jeudi.

(D'après AFP)