Université Nouvelle norme pour l’étalement de la première année : Le décret médecine se précise

Cette fois, c’est peut-être la bonne. La nouvelle mouture de l’avant-projet de décret réorganisant les études de la santé, rédigé par le cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS), a fait l’objet d’un consensus au sein des partenaires de la majorité PS-CDH-Ecolo. L’étalement de l’année d’études ne peut plus être imposé que si l’étudiant n’obtient pas une moyenne de 8/20, contre 10/20 dans la note précédente.

Voici quelques semaines, les verts avaient demandé à Jean-Claude Marcourt de revoir sa copie. Il s’agissait d’une version « dure » de sa note précédente, datant du mois d’août, instaurant l’organisation, en janvier, d’une épreuve obligatoire sur l’évaluation de toutes les matières du programme.

Mais, alors que ladite note prévoyait, en cas d’échec (une moyenne inférieure à 10 sur 20), que l’on propose à l’étudiant des activités complémentaires ou une réorientation, l’avant-projet stipulait, en cas d’échec, requalifié de « grave », que « le jury peut imposer l’étalement de l’année d’études ». En clair : l’étudiant était obligé de faire sa première année en deux ans ou de se réorienter vers une autre filière. Inacceptable pour Ecolo. Plusieurs changements sont intervenus. La notion de « contrat d’études » entre l’étudiant et le jury a, ainsi, été réintroduite. Il prévoit qu’en cas d’échec (une moyenne inférieure à 10), l’étudiant se prononce sur la proposition que lui fera le jury : un programme d’activités complémentaires de remédiation au cours du 2e quadrimestre ; l’étalement de l’année d’études en deux ans ; la réorientation vers d’autres filières.

Au cas où les deux parties ne tomberaient pas d’accord, le jury peut imposer soit un programme d’activités complémentaires de remédiation qui feront partie de son évaluation en fin d’année, soit l’étalement de l’année d’études, si l’étudiant n’obtient pas une moyenne de 8/20. La note a été envoyée aux organisations étudiantes : le Comité interuniversitaire des étudiants en médecine (Cium, présent sur les 5 campus), la Fédération des étudiants francophones (FEF), l’Union des étudiants de la Communauté française (Unécof).

Baisse du taux de réussite ?

Pour le président du Cium, Jérôme Lechien, qui est également président du Conseil de la FEF, cette décision risque de faire diminuer le taux de réussite en juin. « La session de janvier constitue une première évaluation pour l’étudiant, explique Jérôme Lechien. Un premier échec, à cette période de l’année, ne préjuge pas d’un second en juin ». Il se dit par ailleurs déçu de « la mollesse » d’Ecolo qui « disait ne pas vouloir d’une sélection en janvier » et dénonce le timing du cabinet Marcourt, qui leur « présente une nouvelle fois une note en pleine période de blocus ».

Le décret devrait entrer en vigueur l’année académique 2012-2013, sauf pour les articles concernant l’accès aux études, et plus particulièrement l’organisation d’un test d’orientation obligatoire destiné à évaluer les aptitudes des futurs étudiants, qui seront d’application l’année suivante.