Waterloo Deux riverains du ring de Bruxelles ont construit un mur antibruit à leurs frais Ils ont érigé une butte de terre pour 50.000 euros !

Waterloo reste le site routier le plus bruyant de Wallonie. Des aménagements antibruit prévus à la N5. Rien ne sera fait dans l'immédiat pour le ring.

Waterloo

Deux riverains du ring de Bruxelles ont construit un mur antibruit à leurs frais

Ils ont érigé une butte de terre pour 50.000 euros !

VINCENT VANHAM

Placés sous le feu des projecteurs en avril dernier lors de la parution dans nos colonnes du classement des sites routiers wallons les plus bruyants, Ivan Carette et Gérard Rigo avaient reçu chez eux l'ensemble de la presse belge, francophone comme néerlandophone.

Habitant en bordure du ring de Bruxelles à Waterloo, ils se trouvaient alors apparemment en plein dans la zone la plus bruyante recensée par le ministère de l'Équipement et des Transports (MET) : une moyenne de 70 décibels.

Alors que personne ne s'était jamais intéressé à notre problème, on a vu tout à coup les principaux responsables montrer le bout de leur nez, se souvient Gérard Rigo. A l'époque, quelques déclarations que l'on avait prises pour des promesses ont été faites. Nous n'avons toujours rien vu venir...

Depuis, les deux hommes se sont associés pour financer la construction d'un mur de 150 mètres entre le ring et leurs habitations. En bordure de celui-ci, un nouveau chemin traverse la propriété d'un voisin et rejoint l'avenue Bellevue toute proche. Les deux voisins ont ainsi changé d'adresse et le fils de Gérard Rigo peut enfin se rendre à Waterloo à vélo.

Nous avions d'abord opté pour un mur classique, explique Ivan Carette. Nous avons pourtant changé notre fusil d'épaule car ce mur aurait été rapidement rempli de graffitis et aurait pu être détruit par un véhicule en perdition. Nous avons donc finalement choisi d'ériger une butte de terre. Celle-ci mesure un mètre et demi, a nécessité quatre mois de travaux, 240 camions de terre et un budget de 50.000 euros, chemin compris, aux frais des deux voisins.

Le bruit est devenu moins agressif, même s'il n'est évidemment pas totalement éliminé. Toutefois, il est désormais possible de tenir une conversation sur le parking, ce qui était impossible auparavant. Cela diminuera sans doute encore quand la végétation plantée sur la butte aura poussé de 50 cm dans six mois.

Du côté du MET, on entend pourtant remettre les pendules à l'heure. Alain Thibert, attaché scientifique à la cellule acoustique, indique que si les habitations en bordure du ring subissent en effet un niveau sonore important, elles ne sont pourtant pas les plus exposées. L'indice logarithmique sur lequel est basé le classement du MET prend en effet en compte les mesures en décibel combinées au nombre de bâtiments touchés et à leur exposition individuelle au bruit.

Dans ce contexte, les riverains de la Nationale 5 qui traverse le centre de Waterloo sont encore plus mal lotis : il y a à cet endroit énormément d'habitations, qui plus est à front de rue, explique Alain Thibert.

Des travaux d'aménagement sont d'ailleurs prévus à cet endroit dans le courant de l'année 2003 : du carrefour de l'avenue Reine Astrid jusqu'à la frontière linguistique à Rhode-Saint-Genèse, un revêtement antibruit sera apposé sur les quatre bandes de circulation de la Nationale 5 et remplacera les dalles de béton actuelles.

Du côté du ring par contre, rien n'est prévu dans l'immédiat. Ivan Carette et Gérard Rigo devront prendre leur mal en patience encore quelque temps.·