WATERMAEL-BOITSFORT L'ASBL Vivre chez soi fait parler les seniors La mémoire des anciens, sur logiciel

WATERMAEL-BOITSFORT L'ASBL Vivre chez soi fait parler les seniors La mémoire des anciens, sur logiciel

Q uel dommage, note Quentin Corbisier, de l'ASBL Vivre chez soi, que l'image d'un grand-père reste parfois cantonnée à une photo jaunie ou aux histoires contées lors des réunions de famille...

Pour briser le reflet un peu mythique qu'offrent les papies partis trop tôt aux jeunes générations, Quentin récolte depuis quelques semaines des témoignages vivants. Avec l'aide d'une collègue, il promène sa caméra digitale chez les aînés de Watermael-Boitsfort. Quelques heures d'interview, le double de montage, et la vie de ces grands-parents entre définitivement dans l'histoire, sur logiciel. Un projetintitulé «Mémoire vive», mis sur pied par l'ASBL Vivre chez soi, avec le concours de la Commission communautaire française et du CPAS de la commune.

Logée drève des Weigelias, à Boitsfort, Vivre chez soi offre depuis vingt ans divers services aux personnes du troisième âge. Nous disposons d'une vingtaine d'aides familliales et ménagères, explique Quentin. Pour environ 300 personnes. On leur donne un coup de main dans la vie de tous les jours (courses, lessives,...). Une manière de retarder le départ vers le home...

Et récemment, les «clients» de l'ASBL ont reçu un courrier, les invitant à participer au projet «Mémoire vive». En passant régulièrement chez elles, poursuit Quentin, on s'est rendu compte que les personnes âgées prenaient énormément de plaisir à parler de leur jeunesse. Et beaucoup de questions émergeaient durant les discussions: quant au rôle qu'elles ont encore à jouer dans la société, aux souvenirs qu'elles laisseront après leur départ. Avec ces petits films, nous voulons jeter des passerelles entre les générations.

Jusqu'ici, une trentaine de noms ont répondu à l'appel. Comme Henri Pickery, 85ans. Mon père était un grand statuaire, raconte-t-il dans la fenêtre de l'écran d'ordinateur . Il a même sculpté quelques oeuvres du Cinquantenaire... Sur fond de musique classique, Henri évoque ses souvenirs de jeune Boitsfortois: le Logis, la place de l'Octogone... Le plus dur, continue Quentin, a été de récolter les documents historiques, les musiques et les photos d'archives... Notre prochain acteur sera un ancien typographe, qui imprimait pour la «Dernière Heure» et pour la «Libre Belgique». Ça n'a pas été facile de dénicher une linotype!

Pour vingt minutes de film, il faut compter une dizaine d'heures de montage. Il faut parfois couper quelques digressions... Mais c'est ça qui est gai, lorsqu'ils parviennent à oublier la caméra.

Avec ces témoignages, l'ASBL constituera sa propre vidéothèque, consultable sur commande. Tous ces récits et images du passé seront également diffusés dans les écoles. Toute la mémoire collective boitsfortoise, en digital.

ANNE-CÉCILE HUWART

ASBL Vivre chez soi, 02-660.58.70.