Webencyclo, l'encyclopédie en ligne dont vous êtes le héros Une montagne de savoir écrite et assemblée sur le Net par ses propres lecteurs

Webencyclo, l'encyclopédie en ligne dont vous êtes le héros Une montagne de savoir écrite et assemblée sur le Net par ses propres lecteurs

ALAIN JENNOTTE

Lorsqu'il y a quelques mois, Webencyclo annonçait le lancement d'une nouvelle encyclopédie en ligne et totalement gratuite, le service attira rapidement des dizaines de milliers d'étudiants, de profs et de curieux. Une idée qui remporte un succès indéniable puisque le nombre de pages visualisées par mois dépasse allègrement le million et demi, à en croire les responsables du site. Moteur de recherche ou recherche par thème, la recette des encyclopédies en ligne a largement inspiré le projet de l'éditeur.

Mais depuis le mois de mai, Webencyclo a complètement changé les règles du jeu qui concourent à la création d'une encyclopédie. Non content de charger son équipe de spécialistes maison de fournir de nouveaux articles, Webencyclo (derrière lequel se trouvent en réalité les Editions Atlas) a décidé d'ouvrir ses pages aux visiteurs, invités à les alimenter en y incorporant leurs propres connaissances.

Mais Webencyclo (www.webencyclo.com) ne s'arrête pas là. Pour fidéliser ses lecteurs et les inciter à revenir régulièrement, l'information accumulée est sans cesse reconstruite sous de nouvelles formes pour proposer chaque semaine des dossiers qui se veulent accrocheurs: «La pollution planétaire», «la biodiversité menacée», «Tibet, les larmes du Bouddha»...

Le visiteur est également invité à voter pour sélectionner le dossier qui lui sera présenté les semaines suivantes. Cette semaine, par exemple, il faut choisir entre «les nouvelles migrations», «l'apogée de l'empire romain» ou «la fracture riches-pauvres». Un clic et le résultat provisoire du vote s'affiche à l'écran et donne une tendance.

Mais au-delà d'un contenu attractif, Webencyclo dérange. Car le présenter comme un projet encyclopédique inspiré par celui des Lumières ne tient plus la route dès que l'on gratte quelque peu le vernis de cette soi-disant «communauté de connaissance» tissant ses liens sur le web.

Ainsi, l'internaute qui vient greffer sa contribution au site doit au préalable compléter un formulaire électronique par lequel il abandonne tous ses droits à Webencyclo, tout en dédouanant l'éditeur de toute responsabilité au sujet des articles transmis tant pour ce qui est de leur contenu que d'éventuels problèmes de droits d'auteur. Une commission désignée par Webencyclo se charge cependant de contrôler la qualité de l'information ainsi collectée.

Derrière un paravent sympathique, on retrouve en fait un modèle qui a déjà fait ses preuves. Faire trinquer bénévolement des Diderot en herbe rappelle en fait les pratiques de la librairie en ligne Amazon, qui utilise les compte-rendus de lecture de ses clients pour vendre encore plus de bouquins. Une idée que des éditeurs de musique ou des sites consacrés au cinéma ont depuis longtemps prises à leur compte.

Verra-t-on demain sur les marchés virtuels des vendeurs de petits pois en conserve mettre à contribution les plus belles récoltes des jardiniers internautes? Webencyclo est assurément une encyclopédie enrichie par les internautes , pour reprendre les termes de son éditeur. Mais manifestement, elle n'est pas la seule qu'ils se chargent bénévolement d'enrichir.

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