Terrorisme Le procès de la filière irakienne à Bruxelles a été suspendu dans l’attente de révélations : Younes Loukili aurait retrouvé la mémoire

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Coup de théâtre, hier, au procès des membres présumés d’une filière belge d’acheminement de kamikazes vers l’Irak. Le président du tribunal correctionnel de Bruxelles était en plein travail d’interrogatoire serré de Bilal Soughir, le chef présumé du groupe terroriste, quand la défense de Younes Loukili a demandé à avoir une entrevue, en coulisses, avec le juge. Cinq minutes plus tard, celui-ci suspendait les débats jusqu’à ce vendredi matin. Sans explications. Et un « no comment » généralisé s’affichait chez les avocats.

Selon nos informations, Younes Loukili aurait retrouvé la mémoire et souhaiterait dire au président du tribunal ce qu’il sait de ses activités en Syrie, voire en Irak où il aurait perdu une jambe au combat. Il fera vraisemblablement ces déclarations à l’audience de vendredi.

La matinée de jeudi avait pourtant débuté sur un débat de fond : terroristes ou combattants ? L’accusation penche pour le terrorisme car c’est la filière d’acheminement de kamikazes qui est stigmatisée, quelle que soit l’issue d’une action en Irak. Ce sont les méthodes, qualifiées de terroristes, qui mobilisent la justice, au-delà du double attentat suicide de la Carolorégienne Muriel Degauque et de son mari, Issam Goris. Le procureur fédéral, Bernard Michel, a confirmé que les prévenus avaient bien leur place devant ce tribunal.

Pour la défense de Younes Loukili, Me Christophe Marchand a plaidé qu’il fallait tenir compte de la nature du conflit armé qui se déroule en Irak et du combat de certains musulmans contre la présence militaire américaine. Les kamikazes y exerceraient un travail de combattants, dans le cadre d’une guerre, ce qui fait qu’ils obtiendraient une certaine légitimité qui rendrait les poursuites pour terrorisme obsolètes. Le tribunal tranchera la question ce vendredi.

Curieux billets d’avion

Hier, avant le coup de théâtre, le président du tribunal, Pierre Hendrickx, avait eu l’occasion d’interroger le principal suspect de cette filière, Bilal Soughir, absent au début du procès. A-t-il été en Syrie ? Y a-t-il rencontré Loukili peu après la perte de sa jambe ?

« Je me suis bien rendu en Syrie fin janvier 2005, a reconnu Bilal Soughir, pour y rencontrer Loukili. Mais je ne l’ai pas vu. Puis je suis rentré en Belgique début mars. » Le président insiste : « Lors d’une perquisition chez vous, on a retrouvé les bons d’échange (“vouchers”) de billets d’avion, pour vous et Loukili, de Damas à Milan, pour le 3 mars… L’un devait ensuite aller en Tunisie, l’autre au Maroc. »

Malgré ces destinations finales, Soughir serait descendu à Milan avant de rentrer en Belgique. « J’avais changé d’avis à la descente de l’avion à Milan », explique d’abord Soughir, puis il s’emmêle les pinceaux en disant que c’était son intention initiale et qu’il avait probablement pris un billet pour la Tunisie et le Maroc, « parce que c’était moins cher… » Quant à Loukili, il ne se serait pas embarqué dans l’avion.

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