Yves Campion retrace l'histoire de l'usine d'Herstal L'épopée des motos Gillet en un bouquin L'aventure des usines Gillet en quelques dates

Yves Campion retrace l'histoire de l'usine d'Herstal L'épopée des motos Gillet en un bouquin

Avec leurs selles si caractéristiques aux courbes plongeantes et les multiples records que ces motos sportives ont glanés, les Gillet continuent de fasciner. Plus de trente ans après la fermeture et la disparition de l'usine de la rue Hayeneux, on peut encore voir, comme récemment au rallye Liège-Nancy-Liège, des amoureux de belles mécaniques chevaucher ces motos, plein de cambouis. Pour leur rendre hommage, un passionné a couché sur papier, l'épopée illustrée de ces motocyclettes qui ont tantôt servi la police espagnole, tantôt remporté de nombreux grands prix, le fameux Bol d'or et même des raids dans les contrées les plus arides...

PHOTOS INSOLITES

Collectionneur ardu des archives concernant les Gillet, mais aussi de motos, Yves Campion a trouvé en la maison d'édition verviétoise Nostalgia le partenaire idéal pour son ouvrage, qui est le premier du genre consacré à la marque. Richement illustré avec plus de 700 photos, plans et dessins, le livre d'Yves Campion fait la part belle aux photos d'époque. Celles des coloniaux qui ont utilisé ces motocyclettes en Afrique et celles des champions de side-car tel René Mihoux, qui courut le Bol d'or en 1928. Ce champion du team herstalien signe d'ailleurs la préface du bouquin. Ajoutons également des photos plus insolites comme celles de Gillet sur un char de carnaval, du «cyclecar» - engin à trois roues entièrement couvert -, de bonnes soeurs aux commandes d'une des versions sport, ou cette fameuse «Jovite», du nom du premier acheteur de la marque, qui avait incrusté de médailles et d'insignes sa Gillet. Ou encore ces motos sautant par-dessusles haies au milieu de vrais pur-sang lors d'un gala militaire organisé à Spa.

Le tout nous est présenté avec un louable souci d'exhaustivité. On découvre ainsi les rares avions construits par Gillet, ses «tricars» ou encore les vues d'exposition, et surtout les ateliers de montage herstaliens... Après une introduction qui retrace l'histoire de la marque - lire ci-dessous -, l'auteur présente la succession des modèles dans leurs différentes variantes et nous livre quelques anecdotes. Enrichi de textes techniques peut-être quelque peu rébarbatifs pour le néophyte, l'ouvrage attirera néanmoins tous les amateurs par sa présentation soignée et sa succession de clichés de belles machines, où les gros plans de moteurs rutilants ne manquent pas. «Souvenirs, souvenirs» pour les uns, découverte d'un monde de pionniers pour les autres... l'univers des Gillet se dévoile. Et ne manque pas d'éveiller la nostalgie de ces «belles d'Herstal» dont le déclin a coïncidé avec l'essor des motos de tourisme japonaises. Elles se sont éteintes petit à petit dans les années 60.

Ph. Bx

(1) «Les motos Gillet-Herstal, 1919-1959», Yves Campion, Nostalgia Editions, 208 pages et 700 illustrations. Prix: 1.500 F. Rens.: 087.33.43.73.

L'aventure des usines Gillet en quelques dates

L'histoire des usines Gillet d'Herstal est intimement liée à celle de Léon Gillet, son fondateur. Ce comptable de formation a basé sa production dans le bassin mythique des motocyclettes: Herstal. Là où étaient déjà implantées les marques FN et Saroléa. Quelques dates de cette épopée qui s'est achevée définitivement en 1972.

1919. Après des essais tenus secrets pendant la guerre, Fernand Laguesse sous la houlette de Léon Gillet met au point la première Gillet deux temps 300cc à deux rapports à transmission par courroie. Début des années 20, les ateliers lancent une production «sport», motos à transmission par chaînes avec des modèles inspirés US.

1923. Premier rallye Gillet international qui rassemblent 1.200 motocyclettes au circuit de Dinant. La «Sport» participe au tour de Russie et tour du monde après Paris-Constantinople.

1927. Première moto à moteur maison quatre temps, 499 cc, toujours à vocation sportive.

1932. répercution de la crise américaine, Gillet se lance dans des motos à petite cylindrée.

1935. Jacques Ickx lance le motocross en Belgique, Gillet lui fournit sa première monture, une 500 cc.

1940. Durant la guerre, les ateliers de Léon Gillet sont contraints de livrer du matériel à l'occupant destiné au départ à l'armée française. Avec de minutieux sabotages: les motos passent l'arme à gauche après être arrivées sur le front russe.

1951. Gillet prend tout doucement le contrôle de sa maison rivale, Saroléa. Lancement des Légia et Belgica.

1959. C'est la mise en liquidation de la firme Gillet, les bâtiments sont détruits trois ans plus tard. Quelques modèles repris par Saroléa subsistent.

1972. Faillite de Saroléa.