ZAIRE: LES MILITAIRES DECHAINES MORT DE L'AMBASSADEUR DE FRANCE

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ZA"IRE: LES MILITAIRES DÉCHA INÉS

Choc en France après la mort mystérieuse de l'ambassadeur à Kinshasa...

PARIS

De notre envoyé spécial

permanent

Atmosphère d'abattement, vendredi, au Quai d'Orsay. La mort tragique, jeudi soir à Kinshasa, de l'ambassadeur de France Philippe Bernard, 61 ans, atteint en pleine poitrine d'une rafale tirée à travers les fenêtres de son bureau au 4e étage, faisait l'objet de toutes les conversations. On la rapprochait d'un autre épisode sanglant qui a endeuillé la diplomatie de ce pays: l'assassinat à Beyrouth, de l'ambassadeur français Delamare, en juin 1981.

Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l'ambassadeur se trouvait dans son bureau, et observait, rideaux tirés, des affrontements entre militaires. Les bâtiments qui abritent les services de l'ambassade forment un angle sur cette artère, y offrant deux façades.

Peu après la mort de l'ambassadeur, on s'est aperçu qu'au deuxiè-me étage de la seconde façade, un standardiste zaïrois de l'ambassade avait été, lui aussi, tué sur le coup. Alors, balles perdues ou - comme l'a envisagé un moment le ministre de la Défense, M. Joxe - tirs volontaires? Il apparaît en tout cas que certains tirs ont été dirigés vers «toutes les fenêtres qui étaient éclairées». Mais, même dans le cas de tireurs déterminés, ceux-ci savaient-ils qu'il s'agissait du bâtiment de l'ambassade de France? Dans la confusion qui régnait alors à cet endroit, il est très difficile de le déterminer.

La fin dramatique de l'ambassadeur de France est largement commentée par les médias, radios et télévisions, ici, mais aussi en première page du Monde de vendredi soir, journal qui reprend la version des «balles perdues». Une caricature de Plantu, particulièrement cruelle, montre le maréchal Mobutu qui s'écrie: Quelle idée, aussi, de se mettre à la fenêtre!!?. À quoi un soldat zaïrois répond, à l'arrière-plan où l'on voit un corps qui pend, tête et bras dehors, à une fenêtre de l'ambassade de France, tandis qu'un camion rempli d'hommes armés s'éloigne: Il se croyait en démocratie, chef!

Sous le titre «Pourrissement», un éditorial du journal constate: L'armée (zaïroise), une fois de plus, vient d'apposer sa signature sanglante à la lente agonie du régime «mobutiste» (...) Les pillages et les fusillades (...) donnent une idée désastreuse, mais exacte, du degré de pourrissement auquel est arrivé ce pays que l'acharnement d'un homme, le président Mobutu Sese Seko, a privé de boussole...

JACQUES CORDY

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