Mr Mondialisation: «Je dévoile mes idées, pas mon visage»
Mr Mondialisation, c’est donc une page Facebook particulièrement active. Depuis début 2015, c’est aussi un site internet à part entière, également très consulté : trois millions de pages vues rien qu’en janvier dernier !
Qu’y trouve-t-on ? Des articles, jusqu’à cinq publications par jour, qui traitent d’environnement, d’économie participative, d’art, d’initiatives locales et durables… C’est l’ADN du collectif Mr Mondialisation, qui se définit comme un « think-tank informel d’orientation éco-humaniste à visée internationale », dont l’objectif est « d’alimenter le débat autour des grandes questions de notre temps ».
Mais qui est Mr Mondialisation ? En théorie : personne et tout le monde à la fois. Le logo est un masque blanc, type « Anonymous », sur un fond vert clair. « Un symbole sans identité, sans religion, non partisan », lit-on sur le site. Quiconque contribue au débat deviendrait donc un Mr Mondialisation.
Mais en pratique, il y a des vrais visages derrière le masque. Des personnes qui « tiennent la baraque », alimentent le site, cherchent et partagent les informations, etc. Nous avons rencontré l’une d’elles, cette semaine, à Bruxelles. La personne qui a lancé, sans aucune prétention, le collectif Mr Mondialisation, il y a plus de dix ans de cela, via un petit Skyblog. Aujourd’hui, cette personne est derrière 80 % du contenu diffusé sur Mr Mondialisation. Les 20 % restants sont tribunes offertes aux auteurs qui le souhaitent. « Je ne suis pas un journaliste. Je ne fais pas de politique. Je me définis plutôt comme quelqu’un qui tient un blog. C’est humble comme idée, j’aime bien », explique cette personne qui tient à rester anonyme (si ce n’est pour sa nationalité, belge, et sa ville natale, Charleroi).
Dix ans d’évolution
« Mr Mondialisation a toujours été anonyme. Le principe est que je dévoile mes idées, pas mon visage. Ce n’est pas évident de garder cet anonymat. Il y a un risque qu’un jour on m’oblige à me dévoiler. Mais si je le fais, le phénomène Mr Mondialisation ralentira. J’ai demandé un jour aux internautes s’ils voulaient que je dévoile mon identité. C’était un “non” catégorique ! »
Il y a six ans, lorsque Mr Mondialisation est devenu une page Facebook, « la mentalité était très apocalyptique, dynamique fin du monde, des crises partout, Fukushima… Une posture très alarmiste sur la crise environnementale, poursuit notre témoin. Mais dernièrement, il y a beaucoup d’informations positives, de solutions ! Je n’avais jamais reçu autant d’informations solidaires, concrètes, sociales… Je n’arrive limite pas à suivre ! ».
Depuis le lancement du site mrmondialisation.org en janvier, cette personne a fait du projet Mr Mondialisation son activité principale, grâce à des dons d’internautes (deux, cinq, vingt euros) et à quelques publicités sur le site pour couvrir les frais de gestion. Avec quatre à cinq articles postés par jour, c’est un travail à temps plein, entre dix et treize heures par jour. « C’est assez paradoxal : je critique le travaillisme, tout en ne m’arrêtant pas de bosser. Chacun ses paradoxes, celui-là est le mien. »
Le thème du blog semble, qui plus est, inépuisable. « J’ai aussi parfois l’impression de me répéter. Mais c’est une bonne chose, il faut le faire. Premièrement, ma communauté a doublé en un an et tout le monde n’a pas eu accès aux mêmes infos. Ensuite, il y a au fil du temps une certaine entropie. Si on ne répète pas les choses, les gens retombent dans leurs vieux modes de consommation. Répéter permet aussi de ne pas réduire une réalité complexe à quelque chose de simple, typiquement ce que font les réactionnaires et les complotistes. C’est le gros fléau d’internet. » Et le modèle que Mr Mondialisation cherche absolument à fuir.






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