L’orientation au sud n’est plus la panacée

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Tirer le meilleur parti de ses panneaux photovoltaïques commence par une installation réfléchie. Dans ce domaine, les choses ont un peu évolué ces dernières années et l’orientation plein sud n’est plus forcément celle privilégiée… « Autrefois, les primes et subsides en matière de photovoltaïque étaient liés à la production, donc on faisait en sorte de maximiser cette dernière en orientant les panneaux au maximum au sud », explique Benjamin Wilkin, directeur de l’ASBL Energie commune. « Maintenant que ces primes n’existent plus et que les mesures des autorités encouragent plutôt les prosumers à autoconsommer leur production, il est plus intéressant, quand on le peut, de placer des panneaux à l’est et à l’ouest, voire au sud-est et sud-ouest. Cela permet d’étaler sa production sur la journée et de l’utiliser le matin et/ou le soir, lorsqu’on est le plus à la maison. »

Une orientation est et/ou ouest offre en théorie une production un peu plus faible, mais elle est généralement tout aussi avantageuse d’un point de vue économique qu’une installation plein sud, parce qu’elle permet d’optimiser l’autoconsommation. Par ailleurs, en réduisant un peu la production et en l’étalant à différents moments de la journée, les panneaux orientés est et ouest contribuent à réduire les problèmes de surtensions – et les coupures – qui peuvent se produire à certains endroits du réseau électrique lorsque beaucoup d’installations photovoltaïques injectent de l’énergie en même temps.

Anticiper les futurs usages et besoins

Le dimensionnement du dispositif photovoltaïque dépend quant à lui, généralement, du budget des propriétaires et des capacités de la toiture. L’idéal, selon le directeur d’Energie commune, est d’installer le plus de panneaux possible (en ne dépassant pas les 10 kWc, pour éviter des démarches supplémentaires) et de ne pas se limiter à faire coïncider son installation avec sa consommation annuelle. On pourra ainsi électrifier certains postes de l’habitation, comme la production d’eau chaude, et anticiper les pratiques et besoins futurs.

« Les panneaux photovoltaïques ont une durée de vie de trente ans, donc il est intéressant d’investir en pensant aux dix ou quinze années à venir », souligne Benjamin Wilkin. « On sait par exemple que les véhicules électriques émergent et pourront sans doute un jour servir de batterie pour stocker l’électricité. Par ailleurs, le surplus d’énergie produite pourra prochainement être revendu, soit à son fournisseur, soit à des voisins via une communauté d’énergie. »

Un autre élément à ne pas négliger au moment d’installer des panneaux photovoltaïques est l’onduleur. Pour favoriser l’autoconsommation, l’idéal est d’opter pour un modèle dit « hybride », qui sera capable d’orienter la production électrique vers un chauffe-eau solaire ou un véhicule plutôt que vers le réseau. Enfin, il peut être utile de rappeler que comme une installation solaire a une durée de vie de trente ans, il est plus pertinent de l’installer sur une toiture rénovée ou, du moins, en bon état. Remplacer et/ou isoler son toit implique un budget supplémentaire, mais en Wallonie ces travaux peuvent faire l’objet de primes, et même d’un Renopack, soit un crédit à 0 % pouvant par ailleurs inclure les panneaux solaires.

 

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