Le Grexit: un sujet tabou pour les dirigeants européens
Ils en parlent
Personne, parmi les chefs d’Etat ou les ministres des Finances de la zone euro, ne se prononce ouvertement en faveur ou en défaveur de la sortie de la Grèce de la zone euro. Cependant, on peut distinguer les pays qui évoquent davantage le sujet de ceux qui en parlent moins, mais qui y pensent, inévitablement.
Parmi les plus « bavards » : la Slovaquie. Le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, a été l’un des premiers a réagir hier, en parlant de « scénario réaliste ». « Le retrait progressif de la Grèce de la zone euro est déjà en cours », a-t-il déclaré. Une déclaration si franche fait presque figure d’exception, dans le paysage européen...
En janvier dernier, il y avait eu une vague de déclarations sur le Grexit, entamée du côté de l’Allemagne cette fois. Il y a six mois, le tabou qui interdisait depuis 2010 aux dirigeants européens d’évoquer publiquement la question du Grexit avait été levé, lorsque l’hebdomadaire allemand Der Spiegel avait annoncé qu’Angela Merkel et son entourage estimaient qu’une victoire de Syriza aux législatives grecques du 25 janvier aurait comme conséquence «quasi inévitable» la sortie de la Grèce de la zone euro. La chancelière, via le porte-parole de son gouvernement, avait ensuite démenti (mollement) cette affirmation.
Mais le ministre des Finances de l’Allemagne, Wolfgang Schäuble, n’avait pas calmé le jeu en avançant, presque au même moment, que le Grexit n’était plus un scénario inimaginable pour les membres de la zone euro.
Ils y pensent
Si, au sein de la zone euro, peu de chefs d’Etat ou de ministres des Finances déclarent ouvertement que le scénario du Grexit est sur le point de se réaliser, il n’empêche que le sujet est au cœur des préoccupations. Et en conséquence, tous les chefs d’Etat ou de gouvernement y pensent…
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C’est la semaine dernière, lors de la courte campagne qui a précédé le référendum de dimanche, que les chefs d’Etat et de gouvernements de la zone euro ont commencé à évoquer le potentiel scénario du Grexit.Jean-Claude Juncker en tête: il avait insisté sur le fait qu’en votant «non», les Grecs reviendraient à dire «non» à l’Europe. Autrement dit: ils allaient choisir entre rester dans la zone euro ou prendre le risque de la quitter.
En février, par contre, on était encore loin de ce type de déclaration. Le couple franco-allemand s’était par exemple prononcé très clairement sur la question, en affirmant qu’il n’y avait «pas de scénario de sortie de la Grèce de la zone euro». «La Grèce est dans la zone euro et la Grèce doit rester dans la zone euro», avait avancé François Hollande.
Jeroen Dijsselbleom, le chef de l’Eurogroupe et ministre néerlandais des Finances, avait le même discours: «On dit qu’un certain nombre d’Etats membres se préparent (au Grexit). J’ai seulement entendu parler d’un pays dont le cabinet en parle: le gouvernement britannique.» Mais même s’ils rejetaient ouvertement l’idée, probablement y pensaient-ils déjà.






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