Massacre d’Orlando: après l’horreur, les Américains pleurent leurs victimes

L’heure était au recueillement dimanche soir à Orlando quelques heures après l’attentat.

Temps de lecture: 3 min

L’ambiance était au recueillement dimanche soir à Orlando quelques heures après l’attentat qui a fait au moins 50 morts dans une boîte de nuit gay de la ville, mais l’abattement faisait déjà place à la mobilisation.

► A lire : Massacre à Orlando : le dernier bilan fait état de 50 morts et 53 blessés

Entre soulagement et douleur

Dans la soirée, de nombreux proches de victimes blessées lors de l’attaque continuaient de se rendre à leur chevet, au Orlando Regional Medical Center.

Angel Colon sortait soulagé d’avoir retrouvé son fils Angel Jr, âgé de 26 ans, en vie et dans un état stable bien qu’atteint de trois balles, dont une qui lui a traversé la cuisse.

Cloué au sol par sa blessure, il n’a pas pu sortir immédiatement du Pulse, la boîte de nuit où s’est déroulé l’attentat. Piétiné par des clients paniqués qui se ruaient dehors, il a eu la jambe brisée.

«Quand je l’ai vu, je l’ai pris dans mes bras et je lui ai dit, en espagnol: Dieu te donne une autre chance», a-t-il expliqué devant l’hôpital.

Rassemblement et recueillement

En début de soirée, les autorités ont annoncé aux centaines de proches, rassemblés dans un hôtel situé à deux pas de l’hôpital, la liste de toutes les personnes hospitalisées, selon plusieurs témoins présents.

N’entendant pas le nom de leurs proches et concluant qu’ils faisaient partie des morts, certains ont laissé éclater leur émotion avant de quitter les lieux, ont indiqué ces témoins.

Quelques minutes plus tôt, vers 18H30, avait eu lieu un rassemblement en honneur des victimes à l’église El Calvario, située non loin du centre d’Orlando, en présence du gouverneur de Floride Rick Scott.

Durant une heure environ, quelque 300 personnes, en grande majorité issues, comme les victimes de l’attentat, de la communauté hispanique, ont prié et chanté, souvent les bras levés.

Au même moment, un orage violent s’est abattu sur la ville.

« Ils ne peuvent pas nous arrêter »

Ces conditions difficiles n’ont cependant pas découragé les volontaires qui se pressaient toujours devant les camions de don du sang.

«Au centre principal (de don), il y avait des milliers de personnes. Je suis arrivée à 11H00. Il y avait cinq heures d’attente», a expliqué Sonia Drudge, venue donner son sang pour la première fois.

«Ma soeur est lesbienne, j’ai beaucoup de proches dans la communauté gay et lesbienne et je sens que c’est la chose à faire pour les miens», a-t-elle dit.

Claudia Santesimo, elle, connait l’une des serveuses du Pulse, qui travaillait la nuit dernière. «Elle a réussi à sortir», dit la jeune femme aux cheveux courts teints en blond. «On a un autre ami qui s’est fait tirer dans la jambe, mais il va bien.»

Cliente régulière du Pulse, Claudia Santesimo est encore abasourdie, tandis qu’elle attend depuis plus de trois heures de pouvoir donner son sang. «Vous vous attendez éventuellement à voir quelqu’un se faire tabasser sur le parking, mais pas à une attaque», dit-elle.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet (4) La UneLe fil infoSuivre Le Soir

Le meilleur de l’actu

Inscrivez-vous aux newsletters

Je m'inscris

À la Une