Bertrand Cantat, l’amour à mort

Anne-Sophie Leurquin
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Dans leur livre «  Bertrand Cantat-Marie Trintignant. L’amour à mort », deux journalistes reviennent sur le drame de Vilnius qui a coûté la vie à Marie Trintignant il y a dix ans. Mais s’interrogent aussi sur le suicide de Kristina Rady, en 2010, en publiant un extrait du message laissé par la femme de Cantat à ses parents.

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Christina Rady au procès de Cantat en 2004 - photo AP
    Christina Rady au procès de Cantat en 2004 - photo AP

En novembre 2012, les parents de Kristina Rady se confiaient à Paris-Match. Ils y livraient leurs interrogations sur les circonstances de la mort de leur fille, qui fut la femme de Bertrand Cantat (avant et après Marie Trintignant) : «  Encore aujourd’hui, nous ne savons ni pourquoi, ni comment elle est morte. Depuis trois ans c’est une question qui nous hante  », confiait Csilla Rady au magazine. La mère de Kristina pointait du doigt le comportement extrêmement possessif de Bertrand Cantat, exacerbé à sa sortie de prison en 2007. «  Nous savions qu’elle était en danger (…) En admettant à nouveau Bertrand dans sa vie, elle s’était piégée. D’une certaine manière, il la terrorisait. Il avait plusieurs fois cassé ses téléphones, ses lunettes. Il menaçait les hommes qui l’approchaient  », assurait-elle, mettant même en doute les circonstances de sa mort : «  Je n’arrive pas à croire qu’elle s’est suicidée car, quand je l’ai vue à la morgue, elle n’avait aucune trace de corde autour du cou  ». Le suicide de Kristina a pourtant donné lieu à une autopsie confirmant qu’elle s’était bien donné la mort. Malgré la lettre qu’elle a laissée à ses proches, les raisons de son suicide restent nimbées de mystère, elle qui s’était tant battue pour soutenir son mari pendant son incarcération et avait accepté son retour auprès d’elle quand il avait été libéré en 2007.

Un éclairage cru

Ce mardi, le magazine français L’Express divulgue des extraits du livre de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard, Bertrand Cantat-Marie Trintignant. L’amour à mort (l’Archipel), le second livre des deux journalistes, sur ce qu’on a appelé le « drame de Vilnius », la mort de l’actrice Marie Trintignant sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat en Lituanie en août 2003. Les deux auteurs explorent aujourd’hui les raisons qui auraient pu pousser la femme de Cantant au suicide, sept ans après Vilnius. Le livre reproduit dans son intégralité le message téléphonique que Kristina a laissé sur le répondeur de ses parents, six mois avant son suicide, «  parce qu’il jette un éclairage cru et précis sur la personnalité de Bertrand Cantat et sur le couple autodestructeur qu’il forme alors avec Kristina   ». Celui d’une femme battue, au cœur tuméfié.

«  Allô, salut maman, salut papa, c’est Cini [le diminutif de Kristina] qui parle… Ici beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c’est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas, et après ça faisait si longtemps que je ne vous avais pas appelés que je n’osais même plus vous rappeler sans savoir que dire, comment vous expliquer la raison pour laquelle je ne vous avais pas appelés, le cercle vicieux, même quand on a 40 ans… Hélas, je n’ai pas grand-chose de bon à vous offrir, et pourtant il aurait semblé que quelque chose de très bon m’arrive, mais en l’espace de quelques secondes Bertrand l’a empêché et l’a transformé en un vrai cauchemar qu’il appelle amour. Et j’en suis maintenant au point – alors que j’avais du travail pour tout ce mois-ci, ce qu’il ne supporte pas – qu’hier j’ai failli y laisser une dent, tellement cette chose que je ne sais comment nommer ne va pas du tout [mot inaudible], mon téléphone, mes lunettes, il m’a jeté quelque chose, de telle façon que mon coude est complètement tuméfié et malheureusement un cartilage s’est même cassé, mais ça n’a pas d’importance tant que je pourrai encore en parler.  »

Une femme apeurée

Elle voulait fuir, disparaître : «  Mais… puisque nous avons donc décidé de revivre ensemble et que Bertrand, n’est-ce pas, est à nouveau amoureux de moi et ne peut vivre qu’avec moi, ce qui serait bien s’il était possible de vivre avec lui, mais on ne peut pas, et voilà… J’ai essayé et j’essaie de vivre de telle manière que je ne sois pas obligée de fuir, car soit il sera déjà trop tard pour fuir faute d’être encore en état pour le faire, soit je réunis mes forces maintenant et je m’enfuis avec Liszka [le diminutif d’Alice, leur fille], mais sans même savoir où. (…) Ainsi, je ne sais pas, mais il est possible que nous apparaissions soudain pour rester un temps à Györök, et puis je repars en laissant là-bas Liszka, je ne vois pas comment faire autrement. Ensuite, avec un peu de chance, si j’en ai la force et qu’il n’est pas trop tard, je déménagerai dans un autre pays et je disparaîtrai simplement, car je dois disparaître, et j’enverrai quelqu’un pour récupérer mes affaires et me les transporter avec mon autorisation, je ne sais pas, tout simplement je ne sais pas comment je dois faire, je n’ai aucune idée de ce qu’il faut faire dans ces cas-là.  »

Kristina avoue à ses parents avoir peur, espérant qu’ils pourront encore l’entendre : «  Mais je n’ai pas voulu vous parler de tout ça, naturellement vous pouviez deviner qu’une série d’événements encore plus regrettables que ceux de 2003 a eu lieu, car à l’époque cela ne m’était pas arrivé à moi, tandis que maintenant cela m’arrive, et déjà à plusieurs reprises j’ai échappé au pire, et puis c’est intenable, les enfants n’en peuvent plus (…) Voilà, c’est tout, j’espère qu’on va pouvoir s’en sortir et que vous pourrez encore entendre ma voix ».

Vos réactions

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12. Citoyen85 dit le 02/07/2013, 11:40

Ce n'est pas le cas ici. Bertrand Cantat est maladivement jaloux au point de frapper ses compagnes. Qu'il se fasse oublier.

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11. Big Ben dit le 27/06/2013, 09:14

1/2 Il s'agit d'un problème difficile, et qui ne se réduit pas à une vision unique. Pour autant que je sache, tout existe: de la brute épaisse qui arriverait à cogner la plus chouète des femmes à la pétasse hyper-chiante qui arriverait à faire sortir de ses gons le plus doux des hommes, puis entre les deux extrêmes, tous les cas de figure possibles où, en quelque sorte, les deux font la paire pour le pire. Je me souviens des mots d'une connaissance, qui avait été battue par son mec: "il n'a pas le droit de frapper, même si tu l'a poussé à bout, il n'a pas le droit". En effet, il n'a pas le droit de cogner, mais on ne devrait pas non plus s'autoriser le droit de pousser quelqu'un à bout, conjoint(e) ou autre d'ailleurs.

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10. Big Ben dit le 27/06/2013, 09:14

2/2 Parfois, les deux font la paire et ce qui est alors en cause (sauf les extrêmes) c'est le type de relation que produisent les deux personalités en présence l'une de l'autre, et ça ne peut s'arrêter que si au moins un des deux parvient à dire "ce n'est pas tenable, j'arrête tout", et agir, et se tenir courrageusement à la décision même -surtout- si c'est difficile: sourtout ne jamais se rabibocher. Et ce quelqu'un qui décide de mettre un terme à la relation n'est pas nécessairement la personne qui reçoit (ou recevrait si la décision est prise à temps) les coups... En fait, au plus la relation violente est passionelle, au plus son aspect "pathologique" est profond. Et paradoxalement, la puissance de l'attachement envers l'autre, dans des circonstances comme celles là, doit résonner comme un signal d'alerte: le danger est d'autant plus grand que les passions sont fortes (dans ce type de relation).

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9. serge01 dit le 25/06/2013, 20:51

@tomsch "le problème réside (...) aussi chez des femmes qui acceptent d'être battues sur une base régulière..." En bref, ce sont les victimes qui sont coupables! Vous êtes sûr que ce ne sont pas les femmes qui demandent à être battues par des hommes qui acceptent de le faire uniquement pour faire plaisir à celles-ci!

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8. tomsch dit le 25/06/2013, 18:05

@ramsesdeux : Pas d'accord, le problème réside principalement chez B.Cantat mais aussi chez des femmes qui acceptent d'être battues sur une base régulière...

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