making off
C’est au Musée de la migration que nous la retrouvons en son fief molenbeekois. Elégante comme toujours, très souriante comme toujours, Fatima Zibouh ne cache pas sa nervosité au moment d’aborder le récit de son parcours de vie. Elle nous dit qu’elle a hésité le matin encore avant ce grand entretien : trop de polémiques et de harcèlement sur les réseaux sociaux. Elle ne répond jamais à rien, veut rester dans le positif, mais tout cela ne la laisse pas indifférente. Elle est là, pourtant, nous confiant qu’elle rêvait de ce moment, autour de l’évocation de ses racines. L’émotion est palpable. Quelques minutes après le début de l’entretien, elle essuie une larme. Elle tente de se reprendre, s’excuse – « ce n’est pas du tout moi, ça » –, mais bientôt d’autres larmes viennent, la submergeant parfois. Emotion, oui, car Fatima Zibouh parle au nom de tous les siens, sa mère, son père, ses grands-parents, ses oncles… et tous ces gens qu’on ne voit pas. Parfois aussi, qu’on regarde mal.
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