Quelle alternative à l’article 5 de l’Otan pour Kiev, « la seule garantie de sécurité qui vaille » ?
A moins d’un mois du prochain sommet de l’Otan, les Alliés restent divisés sur la réponse à apporter aux aspirations de Kiev à adhérer à l’organisation de défense collective – au plus vite. La question n’est pas officiellement à l’agenda de la réunion des ministres de la Défense des 31 pays alliés, jeudi et vendredi au QG de l’Alliance, à Bruxelles. Mais elle est sur toutes les lèvres. C’est « l’éléphant dans la pièce », relève un diplomate à l’Otan.
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C'est plutôt mal embarqué pour l'Ukraine car à l'évidence Biden joue du frein à main. Certes Washington réitère son soutien mais des interrogations se font de plus en plus jour là bas quant à l'ampleur et la durée de ce soutien militaire et politique. Vaincre l'agresseur russe et permettre à l'Ukraine de récupérer son intégrité territoriale risque en effet de s'avérer très long et très très sanglant et le doute existe même quant à une issue favorable à terme, nonobstant une montée en gamme des équipements militaires fournis. Des F16, des chars, des missiles Atacms, des hélicoptères d'attaque, à supposer qu'ils soient fournis un jour en nombre, ne constitueront peut être jamais un facteur décisif face à une armée russe certes "dévalorisée" mais qui dispose encore de certains atouts majeurs notamment son réservoir inépuisable de "matériel humain", sans compter le minage à très grande échelle déployé dans les territoires annexés. Et Poutine clairement mise sur la lassitude des opinions occidentales et le coût très élevé d'un soutien inconditionnel. La Russie s'est en outre organisée à présent en économie de guerre et compte manifestement veiller à reconstituer ses forces à marche forcée. Et dès lors, semble-t-il, la tentation existe côté américain d'envisager plutôt un gel du conflit, avec comme prix à payer "provisoirement " par l'Ukraine le non recouvrement de son intégrité territoriale dans un avenir proche. La contrepartie serait la conclusion d'un partenariat sécuritaire bilatéral entre les États-Unis et l'Ukraine. Mais donc nulle question d'accès à l'Alliance et au bénéfice de son article 5. Un autre aspect intervient également dans l'équation côté américain : la crainte des conséquences politiques à Moscou d'une éventuelle défaite russe avec l'avènement d'un régime plus imprévisible que l'actuel dans le genre Medvedev...
Donner à Kiev les moyens de l'emporter en le faisant pas à pas comme si on voulait laisser traîner les choses, c'est la manière la plus dangereuse de voir arriver des partis ou des personnalités clivantes qui vont estimer que "ca suffit comme ça, on a assez donné". Dire que cela fait plus de 15 mois que l'Ukraine demande des avions pour protéger son territoires et qu'on en est encore à espérer pouvoir en livrer quelques uns dans 6 mois...
Dans un an à Washington ? Pas certain que Biden soit encore là.
Les élections américaines ont lieu en novembre 2024 Monsieur Stun. Et le prochain président entrera en fonction en janvier 2025. Faut revoir votre calendrier. Si vous parlez d'un décès, Kamala Harris prendra la place comme c'est prévu par la Constitution. Et si ça se trouve, vous ne serez plus là non plus.
Rien n'est jamais "certain". Et pour personne... Qui sait si l'actuel <tsar/président dictateur> russe n'aura pas été "dégagé" d'ici-là ? On peut toujours rêver (à un "mieux", ou à un "moins pire"), n'est-ce pas ?