Le procès de Trump fixé au 14 août

Le procès de Donald Trump dans l’affaire des documents confidentiels escamotés a été fixé : la juge Aileen Cannon de Miami a choisi la date du 14 août. Elle attend sur son bureau les éventuelles réclamations des avocats de l’ancien président au plus tard le 24 juillet. Celles-ci ne manqueront pas d’être introduites, le prédécesseur de Joe Biden espérant une échéance la plus tardive possible, jusqu’en 2024, pour augmenter ses chances dans la campagne présidentielle. La tenue dudit procès lui permettrait de capitaliser sur les prétendues « persécutions » de la part d’un « Etat profond » forcément manipulé par le pouvoir démocrate. Ce faisant, le promoteur new-yorkais, âgé de 77 ans, oublie commodément que la juge Cannon est une conservatrice bon teint, qu’il a lui-même nommée à son poste en 2020.
Donald Trump est accusé d’avoir mis en péril la sécurité des Etats-Unis, en conservant des milliers de documents confidentiels par-devers lui après son départ de la Maison-Blanche, le 20 janvier 2021. Sollicité à maintes reprises, tant par ses avocats personnels que par les responsables des archives nationales et le FBI pour restituer les cartons de documents, il aurait allègrement menti sur leur présence, et choisi d’en conserver sciemment une centaine d’ultra-confidentiels, dont un plan d’attaque générale contre l’Iran, signé de la main du chef d’état-major, le général Mark Milley, toujours en poste.
L’ancien chef de l’Etat plaide non coupable des charges à son encontre qualifiant son inculpation historique « d’abus de pouvoir odieux ». Lundi sur Fox News, il a expliqué qu’il était « sur le point de tout restituer » mais n’en avait tout simplement « pas eu le temps ». Il a également nié l’existence de certains de ces documents, dont le plan sur l’Iran, envers et contre ses propres déclarations enregistrées par des tiers.
Bien que républicaine et déjà controversée pour avoir tenté de ralentir l’enquête du FBI à Mar-a-Lago, la juge Cannon dispose d’une marge de manœuvre limitée, qui explique la date initiale, et très proche, du 14 août : le tribunal fédéral de Miami est réputé pour sa propension à instruire sans délai les affaires qui lui sont attribuées, y compris les plus complexes. La seule stratégie, pour les avocats de Trump, consiste à « noyer » la procédure de litiges en tous genres, notamment sur le traitement des documents classifiés au regard du Presidential Records Act de 1978. Une telle action retardatrice permettrait de gagner quelques mois, tout au plus. L’épée de Damoclès demeure au-dessus de la tête de Donald Trump.
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