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La migration, épouvantail électoral européen

Les dirigeants européens redoutent de voir les questions migratoires s’imposer comme un des enjeux majeurs de la campagne électorale en 2024. Ce qui les incite à durcir le ton et les politiques. Ce qui a valu à Mark Rutte de devoir présenter sa démission. Article réservé aux abonnés S'abonner
Cheffe du pôle Idées Temps de lecture: 5 min

Nous devons reprendre le contrôle sur la migration… » Ainsi parlait Mark Rutte, le 29 juin dernier, à son arrivée au Conseil européen. Une déclaration motivée par un agenda politique bien plus qu’une réalité de terrain. Car, si nombre de dirigeants européens manient le terme à longueur d’interventions, l’Union européenne ne traverse pas, pour l’heure, de « crise » migratoire. Mardi dernier, l’Agence de l’UE pour l’asile publiait les chiffres pour l’année 2022 : 966.000 demandes d’asile introduites l’an dernier sur le sol européen, 25 % de moins qu’en 2015-2016. Certes, treize pays (notoirement l’Autriche) ont enregistré plus de demandes, l’an dernier, qu’en 2015. Et, dans le même temps, quatre millions d’Ukrainiens ont fui la guerre, ce qui accroît la pression sur les réseaux d’accueil. Mais la situation semble « sous contrôle », pour reprendre le vocable du Premier ministre néerlandais.

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