« Picture a day like this » : le triomphe de la forme brève
George Benjamin n’aime pas s’étendre inutilement sur un sujet. Il atteint la quintessence de la concentration dans ce récit du voyage d’une femme (« Woman »), une mère qui vient de perdre son enfant et qui pour le sauver doit trouver un être fondamentalement heureux qui lui céderait un bouton de ses vêtements. Elle rencontre tour à tour des amoureux qui ne tardent pas à se disputer, un artisan fabricant de boutons devenu fou après son licenciement, une compositrice isolée dans le paraître de sa vie itinérante. Irritée, elle clame son désarroi dans un superbe aria quand un collectionneur, pour l’aider lui ouvre la porte d’un jardin d’une beauté insigne (œuvre du plasticien Hicham Berrada) où elle rencontre Sabelle, un être qui lui ressemble et qui l’invite à regarder le jardin d’un œil nouveau. Le décor disparaît laissant la femme seule face à son destin : désormais elle sait que c’est en elle que résidera son salut. Ce qu’elle en fera reste ouvert.
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