Il y a cent ans, Rilke chantait Duino
C’était il y a cent ans. Rainer Maria Rilke, alors âgé de 47 ans, publiait à Leipzig un recueil de textes qui allait peu à peu s’inscrire dans l’histoire de la poésie, de la littérature, sinon de la philosophie : Les Elégies de Duino, rédigées entre 1912 et 1922 au château de Duino, non loin de Trieste, où Rilke avait été invité par la princesse de la Tour et Taxis.
L’auteur des Lettres à un jeune poète y évoque, dans un mélange de mélancolie et d’exaltation, l’amour, la mort, la beauté. Nietzsche est mort vingt ans plus tôt, emmenant dans sa disparition le scalp de Dieu. Rilke y répond, comme en écho. Si Dieu est mort, l’homme est néanmoins là, fragile mais qui se cherche une place, interpellé par la figure pure et parfaite d’un ange, qui lui tient de miroir déformant. Dans la deuxième élégie, il écrit : « Tout ange est terrible/ Pourtant, – malheur à moi – fatals oiseaux de mon âme / je vous invoque sachant qui vous êtes. »
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