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Climat - Le financement vers les pays en développement a dépassé 100 mds USD en 2023 et 2024 (2)

Le financement "fourni et mobilisé" par les pays développés pour l'action climatique dans les pays en développement a atteint 132,8 milliards de dollars en 2023 et 136,7 milliards de dollars en 2024, dépassant ainsi l'objectif des 100 milliards de dollars annuels, selon un rapport publié jeudi par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le tarissement du financement étasunien, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, risque en revanche de peser sur les montants du financement climatique à partir de 2025.
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Depuis plusieurs années, l'OCDE compile les transferts financiers, sous la forme de prêts ou de dons, destinés à financer des projets et mesures d'atténuation (par exemple, le déploiement d'énergies renouvelables) ou d'adaptation (comme la protection des habitations ou des cultures face aux inondations ou à la montée du niveau des mers) au réchauffement climatique.

L'engagement de 100 milliards de dollars annuels avait été pris en 2009 par les pays riches lors du fiasco de la COP15 de Copenhague et a été repris dans l'accord de Paris adopté en 2015. L'objectif devait en principe être atteint en 2020 (et poursuivi jusqu'en 2025 avant la définition d'un nouvel objectif), mais il n'a été rempli pour la première fois qu'en 2022, avec deux années de retard. Cette année-là, 115,9 milliards de dollars avaient été fournis et mobilisés par les pays développés. Le montant du financement climat a donc continué à augmenter, fortement en 2023 (+14,6%), et plus lentement en 2024 (+2,9%), à respectivement 132,8 (environ 114,5 milliards d'euros) et 136,7 milliards de dollars (environ 117,8 milliards d'euros).

À la COP29, fin 2024 à Bakou, les négociations avaient accouché dans la douleur d'un nouvel objectif financier collectif. Il prévoit de porter le financement climat aux pays en développement à au moins 300 milliards de dollars par an d'ici à 2035 et lance un appel à tous les acteurs, y compris les banques multilatérales de développement, afin de permettre une augmentation du financement, à partir de sources publiques et privées, pour atteindre un montant de 1.300 milliards de dollars par an d'ici à 2035. Un objectif autrement plus ardu à atteindre, surtout après le retrait des États-Unis de l'accord de Paris et le tarissement, décidé par l'administration Trump, de l'aide étasunienne versée aux pays du Sud.

Les calculs, complexes, réalisés par l'OCDE prennent en compte les financements publics bilatéraux (par exemple d'État à État) mais aussi les financements multilatéraux (de la part de fonds ou de banques publiques de développement) ainsi que les financements privés mobilisés par les financements publics.

Il ressort de la dernière analyse de l'OCDE, publiée jeudi, que la majeure partie du financement climat prend la forme de prêts, soit près de trois quarts du total (ou 75,6 milliards de dollars) en 2023 et deux tiers du total (soit 68,5 milliards de dollars) en 2024. Quant aux dons, quoique en hausse, ils ne représentaient que 24% du total en 2023 (24,8 milliards d'euros) et 29% en 2024 (29,7 milliards d'euros).

Les chiffres montrent également que la part du lion, soit environ les deux tiers du financement climat vers les pays les plus vulnérables au réchauffement climatique, continue d'aller vers l'atténuation. Alors que le Pacte de Glasgow, adopté fin 2021 à la COP26, promettait de doubler le financement public international de l'adaptation d'ici à 2025, pour atteindre environ 40 milliards de dollars, la part qui y a été consacrée a atteint 33,6 milliards de dollars en 2023 et 34,7 milliards de dollars en 2024, soit environ un quart du total. En outre, 15,1 milliards de dollars ont financé des projets "transversaux", c'est-à-dire consacrés à la fois à l'atténuation des changements climatiques et à l'adaptation à ceux-ci.

Le progrès en matière de financement de l'adaptation est réel mais la croissance annuelle entre 2022 et 2024 a été "modeste", à environ un milliard de dollars par an, constate encore l'OCDE. Il semble donc peu probable que l'objectif fixé à Glasgow ait été pleinement atteint en 2025. Sans parler du fait que la COP30, fin 2025 à Belém, a appelé à augmenter les efforts pour "au moins tripler" d'ici 2035 le financement pour l'adaptation des pays en voie de développement.

Le rapport de l'OCDE estime encore que le financement climatique destiné aux pays les moins développés s'est élevé à 26,5 milliards de dollars en 2023 et à 26,4 milliards de dollars en 2024. Le financement vers les petits États insulaires en développement, dont l'existence même, pour certains, est menacée par le réchauffement climatique, a été multiplié par plus de 3,8 depuis 2016, à 3,8 milliards de dollars en 2023 et 2034.

Les chiffres du financement climat pour 2025 ne seront pas disponibles avant 2027 au plus tôt, indique encore l'OCDE.

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