Le film du jour à Cannes: « L’homme irrationnel », de Woody Allen

Fabienne Bradfer, notre envoyée spéciale à Cannes, nous livre ses impressions.

Journaliste au pôle Culture Temps de lecture: 2 min

Le pitch. Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Peu après son arrivée dans l'université d'une petite ville, Abe entame deux liaisons. D'abord, avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie qui compte sur lui pour lui faire oublier son mariage désastreux. Ensuite, avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie. C'est alors que le hasard le plus total bouscule le destin de nos personnages dès lors qu'Abe et Jill surprennent la conversation d'un étranger et s’y intéressent tout particulièrement. Après avoir pris une décision cruciale, Abe est de nouveau à même de jouir pleinement de la vie. Mais ce choix déclenche une série d'événements qui le marqueront, lui, Jill et Rita à tout jamais.

Ce qu’on attend. Petit ou grand Woody Allen ? Avec un casting attractif composé de Joaquin Phoenix et Emma Stone.

Ce que j’en pense. Nouvelle variation sur le crime parfait après « Crimes et délits » et « Match point », « L’homme irrationnel » débute comme une comédie romantique avant de virer dans la comédie noire avec une aisance désarmante, une légèreté ambiante inversement proportionnelle au propos dramatique. On y voit le reflet de la virtuosité du metteur en scène mais aussi de son esprit taquin et de sa fascination pour la philosophie. Les dialogues, comme toujours chez Woody Allen, sont une déferlante impressionnante de grandes questions existentielles. Mais Joaquin Phoenix et Emma Stone relèvent parfaitement le défi. Comme les personnages sont souvent en pleine introspection, une voix off prend le relais dans un style qui reste très « woodyallenien ». Heureux comme un petit chimiste curieux des réactions physiques qu’il pourrait provoquer, Woody s’amuse à pousser ses personnages dans la voie de la transgression et communique ce plaisir ludique. Woody garde un regard lucide et féroce sur la nature humaine et pointe du doigt le fait que les maux de nos sociétés trouvent leurs racines dans des traumas humains. Cette fois, il préfère le montrer avec élégance et légèreté plutôt que sarcasme. Le tout sur des airs très jazzy.

Petit plus. Chouchou du Festival de Cannes, Woody Allen est sur la Croisette pour la quinzième fois. Le 1 décembre, il fêtera ses 80 ans. Et il ne déroge pas à une règle : refuser de rivaliser avec ses confrères cinéastes dans une compétition, argumentant qu’il aurait été très idiot de comparer Picasso et Van Gogh.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La UneLe fil infoSuivre Le Soir

Le meilleur de l’actu

Inscrivez-vous aux newsletters

Je m'inscris

À la Une