Merkel: «Après le référendum, les négociations avec la Grèce pourront reprendre» (direct)
Son ministre de l’Economie Sigmar Gabriel a été plus direct, martelant que la question posée lors du référendum était « oui ou non au maintien dans la zone euro ». Le gouvernement grec « doit le dire clairement à ses citoyens », a-t-il plaidé, se plaçant sur la même ligne que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker un peu avant lui.
Juncker appelle les Grecs à voter « oui »
Jean-Claude Juncker a appelé les Grecs à voter « oui » lors du référendum qui aura lieu le 5 juillet. « Je demanderai aux Grecs de voter oui, indépendamment de la question qui leur est posée. U n « non » voudrait dire que la Grèce dit « non » à l’Europe », a lancé le président de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
« Il ne faut pas se suicider parce qu’on a peur de la mort », a-t-il affirmé dans une adresse directe aux Grecs. C’est la première fois qu’un dirigeant de l’Union européenne s’immisce directement dans la politique interne d’un Etat membre. Une décision qui pose question.
Depuis que l’Eurogroupe a décidé de ne pas prolonger le programme d’assistance à la Grèce, la question posée par le gouvernement Tsipras au peuple grec est caduque. Les Grecs doivent se prononcer sur l’acceptation, ou non, des propositions faites par ses créanciers au pays. Or il n’y a actuellement plus aucune proposition sur la table.
C’est pourquoi Juncker considère que le référendum du gouvernement Tsipras revient à demander aux Grecs si oui ou non ils souhaitent quitter « l’Europe ».
« Aucune démocratie ne vaut plus qu’une autre »
Jean-Claude Juncker a employé des mots très durs envers le gouvernement grec. « Lorsque j’ai commencé, nous étions 10 États membres en 1982, a entamé le président de la Commission. Le 10e venait tout juste de nous rejoindre, c’était la Grèce. Et j’étais heureux. Comme Valéry Giscard-d’Estaing, je ne voulais pas voir Platon jouer en 2e division. Et aujourd’hui, je ne veux toujours pas voir Platon jouer en 2e division. Mon opinion est que nous resterons à 19 (dans la zone euro). C’est l’Europe de la réconciliation, du compromis, qui est devenue la grande affaire de ma vie. L’Europe de l’intérêt commun et non des affrontements entre intérêts de différents pays. En Europe, aucune démocratie ne veut plus qu’une autre. Et dans la 1a zone euro il y a 19 démocraties. Et pas une contre 18 ou 18 contre une. Ce n’est pas un jeu de poker menteur. Soit tout le monde ressort de cet épisode gagnant, soit tout le monde perd. Je suis profondément affligé, attristé par le spectacle qu’a donné l’Europe samedi. Après tous les efforts de la Commission et des autres institutions, je me sens un peu trahi. Il y a eu beaucoup de bruit et de fureur et cela a couvert la parole de ceux qui travaillaient dur pour un accord. »
Les mots les plus rudes ont été réservés à Alexis Tsipras (sans jamais le nommer) : « On entend parler d’‘ultimatum’, de ‘chantage’… Mais qui agite ainsi ? Qui insulte, qui prononce les phrases non terminées qui excitent l’esprit de ceux qui les écoutent ? Jouer une démocratie contre 18 autres, ce n’est pas du niveau de la grande démocratie grecque. »
L’essentiel
> Angela Merkel a indiqué que la Grèce la reprise des négociations était possible après les référendum.
« Si le gouvernement grec demandait à reprendre les négociations, naturellement nous ne nous y opposerions pas », a déclaré la chancelière allemande.
> Jean-Claude Juncker a appelé les Grecs à voter « Oui ».
Le président de la Commission européenne a déclaré que si la Grèce vote non au référendum, « elle dit non à l’Europe »
> Les établissements bancaires grecs resteront
La Grèce a fermé ses banques ce lundi pour éviter un effondrement financier après que la Banque centrale européenne (BCE) a pris la décision de ne pas relever les lignes de liquidités d’urgence (ELA) consenties aux banques grecques. La Bourse d’Athènes sera également fermée jusqu’au 6 juillet.
> Les retraits aux guichets automatiques seront durant cette période limités à 60 euros par jour.
Ces décisions émanent d’un arrêté signé par le président de la République Prokopis Pavlopoulos et le Premier ministre Alexis Tsipras. Elles font suite à la décision de la BCE de ce dimanche.
> Lire aussi : Les Grecs n’ont plus qu’un accès limité à leurs euros (abonnés)
> La BCE a décidé dimanche de ne pas augmenter la liquidité des banques grecques.
Un choix qui intervient après l’ultimatum de l’Eurogroupe.
> L’Eurogroupe a décidé samedi de ne pas prolonger le programme d’assistance à la Grèce au-delà du 30 juin
Depuis, Alexis Tsipras a redemandé à l’UE et à la BCE une prolongation du programme d’aide à son pays. « J’attends leur réponse immédiate à cette requête démocratique de base », a t-il déclaré.
> La décision de l’Eurogroupe est intervenue après qu’Alexis Tsipras a annoncé la tenue d’un référendum appelant le peuple grec à voter pour ou contre l’application des mesures d’austérité réclamée par les créanciers du pays. Le parlement a approuvé le référendum qui se tiendra le 5 juillet.
► A lire : Le parlement grec approuve le référendum proposé par le gouvernement Tsipras





