Procès des attentats à Bruxelles : Ali El Haddad Asufi a appelé sa copine en panique le jour des attentats

La petite amie d’Ali El Haddad Asufi, qui était cheffe d’équipe dans le nettoyage des avions, n’était pas présente à l’aéroport de Zaventem le jour des attentats. «Ali m’a appelée en panique ce jour-là en me demandant où j’étais. Il m’a annoncé ce qu’il s’était passé à l’aéroport», a-t-elle témoigné jeudi au procès des attaques djihadistes du 22 mars 2016.
Cette femme, aujourd’hui âgée de 32 ans, a rencontré Ali El Haddad Asufi durant l’été 2015, à l’aéroport de Zaventem, où ils travaillaient tous les deux. Ils se sont mis en en couple en février 2016, sans toutefois habiter ensemble.
Elle l’a dépeint comme quelqu’un de «jovial, qui aime bien rigoler, marrant, naïf dans le sens où il fait vite confiance et croit que tout le monde est gentil. C’était aussi un bon vivant», a-t-elle énuméré.
Dans la foulée des attentats, celui qui travaillait dans le catering à l’aéroport national sera arrêté à deux reprises. «La première fois, je l’ai appris sur internet», s’est souvenue la trentenaire. «Il m’avait dit qu’il connaissait certaines des personnes qui avaient fait ça. Au début, j’étais surprise mais je pensais que c’était juste un interrogatoire. Jamais, je ne pensais pas qu’il allait y passer toute la nuit.»
La deuxième fois, il a été arrêté pour une plus longue période. «Il a changé parce qu’il ne supporte pas l’enfermement, d’être isolé, parce qu’il dort mal et qu’il ne comprend pas ce qu’il passe. Mais, au fond, il est resté le même. Il essaye d’être fort et de montrer que ça va aller et de rassurer.»
Le procès des attentats du 13 novembre à Paris était «très difficile, pour lui, pour nous», a-t-elle confié. Depuis qu’il a été condamné à dix ans de prison Paris et qu’il est revenu en Belgique à l’été 2022, l’accusé ne va pas beaucoup mieux. «Il trouve ça très long. Il est parfois à bout, il perd ses moyens, il s’énerve tout seul dans sa cellule. On essaye de le calmer, de le rassurer, de lui dire de patienter...»
À la fin de son témoignage, Jonathan de Taye, l’avocat d’Ali El Haddad Asufi, lui a demandé si elle avait des projets d’avenir avec l’accusé. «Oui, toujours», a-t-elle répondu.
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