Sky ECC, Encrochat… : un « mégaprocès » lié au milieu de la drogue devant la justice belge

Ce vendredi débutait un « mégaprocès », surnommé procès « Sky » ou « Encro », du nom des plateformes de communication cryptées utilisées par les prévenus. Craquées par les services de police, elles ont révélé en 2021 un réseau de trafic de stupéfiants international organisé entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Le dossier tient aujourd’hui dans près de 400 cartons. Il s’agirait, selon L’Echo, du dossier pénal le plus volumineux jamais traité en Belgique.
Au total, ce sont 129 prévenus, dont 47 toujours en détention préventive (22 sous bracelet électronique, 25 en prison) qui font face à la justice. Nombre d’entre eux sont de nationalité albanaise ou colombienne. Ils sont, en fonction des cas, poursuivis pour participation à une organisation criminelle, trafic de stupéfiants, trafic d’armes, tentative d’extorsion ou encore détention arbitraire et séquestration.
Logistique et défense : « C’est ingérable »
Obstacle de taille dans ce procès mammouth : le temps. « Il faut pouvoir mener ce dossier d’une ampleur énorme sans renfort et dans un délai raisonnable », commente Denis Goeman, magistrat de presse du tribunal de première instance. L’audience de ce vendredi servait principalement à fixer le calendrier et, avec 47 personnes actuellement détenues, la présidente désirait faire preuve de célérité. Le procès débutera réellement le 6 novembre et devrait durer près de 5 mois, à raison de trois audiences par semaine.
Face à l’ampleur du dossier, plusieurs avocats se sont inquiétés de problèmes d’accès aux pièces du dossier : impossibilité de télécharger et d’imprimer les documents, pas d’accès à l’inventaire des pièces (que la présidente a promis à l’issue de l’audience de ce vendredi)… « Au niveau de la logistique et de la défense, c’est ingérable », commente le pénaliste Denis Bosquet. Comme dans les différentes affaires liées aux cryptophones ou aux messageries cryptées, les avocats de la défense devraient soulever la question de l’accès aux messages échangés par les prévenus, commente l’avocat Carlo Tiribelli.
Dès novembre, le procès se déroulera au Justitia, actuellement occupé par les procès des attentats de Bruxelles. La salle sera alors remaniée et adaptée pour le déroulement d’un procès correctionnel.















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