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Ukraine, un an d’invasion: la culpabilité russe, selon Maria Stepanova

« En notre for intérieur, notre culpabilité se reconnaît à cette douleur que l’on ne peut dénier et qui ne ressemble à aucune autre », décrit la poétesse et écrivaine russe Maria Stepanova.

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Temps de lecture: 14 min

A la mi-mars 2022, les comptoirs d’enregistrement de l’aéroport moscovite de Vnukovo étaient tous fermés, sauf celui des vols à destination d’Istanbul. Debout dans la longue file d’attente, je me mets à compter les caisses de transport d’animaux : des chiens, des chats, quelques oiseaux. Les gens partaient pour longtemps. Passé le contrôle des passeports, je cherche un espace fumeurs – je trouve la pièce, bien étroite et aussi exiguë qu’une niche pour chien. Un homme s’y trouve déjà, on a à peine assez de place pour nous deux. Il me donne du feu et me demande : « Et vous Madame, vous fuyez d’où ? »

Lui-même fuyait de Donetsk, pour tenter de rejoindre l’Angleterre et retrouver son fils, en passant par Moscou. « Nous vous avons mis une raclée », me dit-il en russe. « On vous bat à plate couture et on continuera à vous battre, vous verrez. »

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4 Commentaires

  • Posté par Veranneman Raymond, samedi 25 février 2023, 19:39

    La culpabilité est sans doute le sentiment le plus difficile à vivre, tentés que nous sommes par le déni qui nous permet de continuer à vivre comme avant. Faut-il être d'origine juive pour avoir le courage de se regarder, trois générations après la SHOA, dans la situation de ses bourreaux? Je connais de jeunes Allemands qui portent encore les stigmates de leurs ancêtres.

  • Posté par deghelt Rudi, samedi 25 février 2023, 16:43

    Bravo, et dire qu'il existe ici en Europe des gens qui pensent le contraire, assis sur leurs idéaux dorés et leurs idées futiles.

  • Posté par dams jean-marie, samedi 25 février 2023, 12:32

    Fameux!

  • Posté par collin liliane, samedi 25 février 2023, 12:10

    Remarquable texte.

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