Les Racines élémentaires de Jaco Van Dormael: «En Allemagne, j’étais der Franzose. En Belgique, je suis devenu le boche»

Jaco Van Dormael, dans son jardin ucclois. Trente ans ont passé, depuis «Toto le héros».
Culture
Entretien
 
Depuis sa maison, Jean Le Cam a une vue plongeante sur la baie de La Forêt-Fouesnant, là où il a grandi, là où il cultive sa passion pour la voile.
«J’ai commencé à écrire pendant la guerre, à un moment où j’avais très peur. Pour une raison que j’ignore, sinon que l’écriture m’apaisait, me calmait...»
C’est devant la maison de ses grands-parents flamands, à Watermael-Boitsfort, que Sammy Mahdi nous a donné rendez vous. Des gens très modestes venus à Bruxelles pour trouver du travail – elle comme femme de ménage, lui comme contrôleur de tram – mais qui furent très mal accueillis par les francophones locaux.
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«Je me suis marié, mais j’ai divorcé assez vite. J’ai fait des thérapies entre mes 25 et mes 40 ans. Ce fut un événement central. Après un divorce et la fin de l’aventure monastique, j’avais des angoisses. La thérapie m’a permis de retrouver confiance en moi et d’avoir une sérénité qui ne m’a plus jamais quitté.»
Dans son studio de Wulpen, Ozar Henry nous fait écouter sa reprise inédite de «The End» des Doors en 3D. Un moment d’une intensité et d’une beauté inouïes.
« La question,  c’est de se demander comment un enfant, qui ne naît pas  raciste, le devient,  ou du moins  reproduit  des comportements qui lui semblent normaux. »
«Le féminisme? J’aime la formule de Rebecca West: c’est refuser de se laisser traiter comme un paillasson.»
«Mes racines sont en Algérie où je ne suis jamais retourné. J’aimerais beaucoup y faire un concert, à Tlemcen, ma ville natale, de manière symbolique et en emmenant ma mère qui n’y est retournée qu’une seule fois.»
Au mur, deux photos fétiches: le couple français Monnet (commissaire général au Plan) et Schuman (ministre des Affaires étrangères) et la poignée de main de Gaulle-Adenauer.
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PETRA DE SUTTER
«J’ai toujours aimé amuser la galerie. A l’école, où j’étais une élève moyenne, j’avais un côté potache, aimant jouer avec les limites, d’autant plus que mes deux parents enseignaient dans l’école où j’étais.»
«J’ai toujours aimé l’Amérique mais, là, ce que je veux surtout, c’est voyager et prendre beaucoup de photos. Au Moyen-Orient, en Asie, en Russie… Je photographie tout, sans discrimination.»
«Je m’interroge sans cesse sur comment naissent les complexes. Le gouffre est immense, entre un enfant qui grandit entre des bras aimants et un autre qui grandira entre humiliations et baffes.»
Le choix de la rédaction
  1. Vladimir Poutine avant la finale de la Coupe du monde de football, le 15 juillet 2018 à Moscou: une apothéose pour le chef du Kremlin, à l’issue d’un tournoi rondement mené.

    Euro 2020: le football, «soft power» de Poutine pour redorer l’image de la Russie

  2. Johnny Hallyday à Bercy en 2003.

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  3. Jaco Van Dormael, dans son jardin ucclois. Trente ans ont passé, depuis «Toto le héros».

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La chronique
  • La chronique Carta Academica: au moment où un tribunal nord-américain rend justice à George Floyd, en Belgique…

    Aux États-Unis, on semble vouloir faire la lumière sur les affaires de violences policières, particulièrement si elles entraînent la mort d’une personne. En Belgique, il n’est pas sûr que ce soit le cas. En tout cas, à Gand, le 16 mars dernier, on a bel et bien mis le couvercle sur une affaire qui aurait dû connaître un procès public.

    L’histoire, telle qu’elle est racontée ci-dessous est sans doute incomplète, peut-être bien biaisée, mais c’est celle qui ressort d’une décision de justice. Elle se passe à Roeselaere, en mai 2018. Monsieur Bangoura, d’origine guinéenne, se fait condamner à être expulsé de chez lui. Il ne s’est pas défendu au procès à ce propos. Le jour dit, un huissier chargé de l’expulsion, escorté de deux policiers, se présente au logis. Ils trouvent porte de bois et finissent par forcer l’entrée. Un chien hurle, menaçant, l’homme est allongé sur un divan. Moïse Lamine Bangoura crie,...

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  • De la fragilité de l’ordre du monde

    J’étais dans la voiture, à Bruxelles. Je reçois un coup de fil du Président qui me dit : “Tu es prêt à entendre quelque chose d’énorme ? Je crois qu’on doit se retirer de l’Otan ce matin.” Le coup de fil s’est coupé inopinément et cela m’a donné quelques minutes pour réfléchir. J’ai tenté sans succès de joindre le général Mattis – le secrétaire d’Etat US à la Défense – et sur le moment, j’ai pensé que peut-être il avait déserté, que c’était trop pour lui. »

    Ce moment inouï...

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