Bons d’Etat : chers banquiers, il est temps de se réveiller
Près de 22 milliards d’euros ont été récoltés via les bons d’Etat en une semaine en Belgique. Cette prouesse portée par le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), restera comme l’une des plus belles réussites politiques de ces dernières années. A titre de comparaison, Yves Leterme n’avait récolté « que » 5,7 milliards en 2011, alors que l’objectif était de sauver la Belgique de la banqueroute.
Cette fois, la motivation du gouvernement était bien plus terre à terre : activer les banques qui malgré des bénéfices records en 2023 continuent de rémunérer l’épargne à des taux trop bas. A ce niveau, le bilan est décevant. Il y a bien eu une petite remontée des taux durant l’été et quelques produits spécifiques proposés en réaction aux bons d’Etat à la rentrée, mais rien de bien marquant. Les Belges qui ont tout laissé – volontairement, ou faute de pouvoir se permettre d’investir à une échéance d’un an – sur leur compte épargne, vont continuer à perdre de l’argent en ces temps d’inflation, toujours élevée.
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S'abonnerQuelques règles de bonne conduite avant de réagir9 Commentaires
L'absence d'accès aisé à des agences peut en effet être pénible parfois. Ce midi, j'ai cherché a contacter par téléphone un employé d'ING pour un problème en principe simple. J'ai dû répondre à une longue série de questions dont les réponses m'ont semblé montrer qu'elles provenaient d'une "intelligence" artificielle parfois "dure de comprenure" avant d'avoir enfin à l'appareil un vrai être humain, par ailleurs bien plus intelligent et efficace que ses assistants virtuels.
Rien ne simple freiner réellement la disparition rapide des agences et il est aussi à remarquer que dans beaucoup d'agences qui continuent (temporairement) à exister, les guichets bancontacts eux sont enlevés............
"L’attitude parfois hypocrite des banques sauvées à coups de centaines de millions d’euros d’argent public, il y a une dizaine d’années". Rappelons une fois de plus que l'intervention de l'Etat, lors de la crise des subprimes, a pris 3 formes : il a prêté aux banques à un taux d'intérêt normal, il a souscrit à des augmentations de capital qui ont dégagé des plus-values par la suite, il a octroyé sa garantie financière contre rémunération. Donc la crise des subprimes a finalement rapporté de l'argent à l'Etat, ce qui est normal, mais ignoré de la plupart des journalistes et commentateurs. NB : La problématique de Dexia dépasse largement le cadre des subprimes.
M. Masure, comme d'habitude, on vous parle d'une chose - l'aide aux banques qui ont remboursé leur prêt avec intérêt - et vous parlez de la perte de PIB occasionnée en Europe par la crise des subprimes américaine. Auriez-vous préféré que les banques européennes, exposées à la bulle de la titrisation des crédits immobiliers américains, aient fait faillite comme Lehman Brothers ? Et à votre avis, quel effet cela aurait eu sur le PIB ?
Vous répétez les arguments faux des banques. La réalité (pour la France mais vu l'imbrication élevée des économies et surtout organismes financiers de France et de Belgique, le résultat doit être environ le même proportionnellement aux PIB respectifs) est tout autre: ""Les erreurs du secteur bancaire ont jeté le monde et la France dans une crise qui a conduit à une perte d’activité considérable et qui n’est pas encore comblé. Éric Dor, directeur de la recherche économique de l’IESEG School of Management, rattachée à l’Université catholique de Lille, a tenté de quantifier cette perte d’activité et ses conséquences. Pour cela, il a défini une tendance de croissance à long terme avant la crise. Il a utilisé une période assez longue (du premier trimestre 1995 au troisième trimestre de 2008) afin de n’être pas dépendant des aléas conjoncturels. Puis, il a comparé cette tendance avec celle qui a débuté au dernier trimestre 2008. Et la cassure est évidente. Avant la crise, la croissance annuelle moyenne du PIB (produit intérieur brut) français en termes nominaux était de 3,89 %. Après la crise, cette croissance est passée à 2,07 %. C’est un recul de 47 % qui conduit à une perte cumulée de PIB de 1 541 milliards d’euros, selon Éric Dor. C’est là la vraie facture de la crise financière et du coût des erreurs des banques. Ce chiffre représente 67,3 % du PIB nominal français de 2017. Et il s’est traduit par du chômage, des faillites, des situations sociales dégradées, des pertes de revenus."" Si on prend le rapport des PIB français et belge (3.000 milliards versus 600 milliards soit 5 fois moins), cela correspondrait à une perte de PIB de 300 milliards d'euros.