Disparition de l’artiste et graphiste Michel Olyff

Le graphiste belge Michel Olyff est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 96 ans, a annoncé sa famille. Né à Anvers en 1927, il était l’auteur de très nombreux sigles et logos ayant traversé le temps et, parfois, fait le tour du monde. Fils de l’ingénieur et caricaturiste Hubert Olyff, alias Bizuth, Michel Olyff avait étudié les arts décoratifs à La Cambre et partagé l’enthousiasme des jeunes années avec Alechinsky et d’autres artistes liés au mouvement CoBrA et aux Ateliers du Marais.

On lui devait notamment les logos de la RTBF, de la Loterie Nationale, de la Générale de banque, d’Europalia, du 25e anniversaire d’ATD Quart-Monde ou encore du Patrimoine mondial de l’Unesco. Ce dernier, réalisé en bronze est utilisé depuis 1978, année de sa création, pour identifier et signaler au public les biens protégés par la Convention du patrimoine mondial. En 2010, à l’occasion d’une interview dans Le Soir, alors qu’on lui demandait de quelle réalisation il était le plus fier, il répondait : « Incontestablement, ce carré sur pointe protégé par un cercle, qui lui ménage une voie d’accès, qui symbolise le Patrimoine mondial pour l’Unesco, que j’ai créé avec l’aide de Jules Fiszman. On le trouve à Bruxelles, à Bruges, au pied d’un glacier en Patagonie ou bien au chaud au pied des Pyramides. »

Sa longue carrière l’avait vu réaliser des œuvres graphiques de tous types : timbres commémoratifs pour divers anniversaires royaux ou certaines éditions d’Europalia, affiches pour les Fêtes de la Saint-Martin à Tourinnes-la-Grosse et autres manifestations, sigles, illustrations de brochures comme celle de la Ligue des Familles dont il avait aussi créé le logo.

Des créations sur commande mais, toujours très personnelles et inspirées. Ainsi, pour le logo de la RTB-BRT créé en 1967, il expliquait par après : « Il s’agissait d’exprimer l’idée de la diffusion. Tout le matériel de l’époque impliquait des mouvements de rotation. D’où ce cercle tournant sur lui-même et s’élargissant, telles des ondes. Ce dessin ne figure donc aucunement une oreille, comme beaucoup le pensent ! »
A côté de ce travail de commande, Michel Olyff développait aussi un travail plus personnel de dessins à l’encre notamment. Affirmant dessiner depuis toujours, il créait lui-même son matériel de travail et le trimballait constamment dans sa voiture. Histoire de pouvoir réagir à un paysage, une lumière, un événement. Et quand on lui demandait ce que ces dessins avaient en commun, il répondait : « La spontanéité du trait, son jaillissement. Chaque mouvement du trait doit raconter son histoire. »
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La statue, à Gand, du Communier (défenseur médiéval des libertés communales), avec son bouclier et son heaume, avait servi de modèle à Michel Olyff pour le logo du Crédit communal en 1950. On en conservera plus tard la seule tête, avec son heaume.