Elections 2024 : le triomphe de Georges-Louis Bouchez, la victoire de Bart De Wever
Un peu plus de huit millions d’électeurs, dont près de 800.000 jeunes, ont glissé leur bulletin de vote ou ont exprimé leur choix électroniquement, ce dimanche, pour une triple élection – fédérale, régionale et européenne. En voici les principales leçons.
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Le triomphe de Bouchez et du MR
Pari largement réussi pour le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Son parti décroche la première place tant en Wallonie (29,6 %) qu’à Bruxelles (26 %). Renversant le PS, son adversaire de toujours, le MR se trouve en position de « prendre la main » pour présider aux négociations pour la formation des futures coalitions à ces deux niveaux. « Un moment historique », a salué Bouchez, annonçant sa volonté « de créer des coalitions qui permettront de mettre en œuvre les réformes qu’attendent les Wallons et les Bruxellois. » Les résultats des élections, dit-il, « montrent une volonté de réformes. Il ne faut pas les craindre. Nous allons les incarner par nos décisions ». Arrivé à la tête du MR à la fin 2019, Georges-Louis Bouchez a imprimé son style et son rythme, tant à son parti qu’au paysage politique francophone, multipliant les prises de position critiques, y compris à l’égard de gouvernements dont son parti était membre, assénant saillies et positions tranchées, excédant les uns, énervant les autres, considérant que la démocratie gagnait à se nourrir de ces débats inhabituellement houleux.
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La Flandre évite la vague brune
La N-VA a fait mentir les sondages : stable, le parti de Bart De Wever reste le premier parti de Flandre avec un score de 23,9 %. Malgré sa progression, le Vlaams Belang reste sur la deuxième place du podium, proche des 23 % (22,7%), sans réussir à concrétiser la vague brune annoncée. Ce résultat surprise, célébré comme une victoire par les nationalistes, la N-VA le doit grandement à la stratégie de son président qui a, par avance, exclu toute alliance avec le Belang et s’est positionné comme candidat Premier ministre fédéral. « Nous avons gagné les élections, la Flandre a opté plus que jamais pour l’autonomie », a asséné Bart De Wever, devant ses militants à l’issue du scrutin. « Il faudra tenir compte du choix des Flamands. La Flandre a réglé ses comptes avec le gouvernement Vivaldi ».
Loin derrière, Vooruit (13,8 %) passerait devant le CD&V qui recule à 13 %. L’Open VLD s’effondre, à 8,3 %. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), qui présentera la démission du gouvernement fédéral au Roi ce lundi matin, est apparu très ému face à la lourde défaite de son parti : « Nous sommes résilients, je suis convaincu que nous serons toujours là. J’ai beaucoup d’espoir, nous reviendrons plus fort que jamais ».
3
Le PS affaiblit mais pas abattu
Ce n’est pas la bérézina générale annoncée (et peut-être souhaitée au MR) pour le parti socialiste. Ce dernier perd – c’est très symbolique – sa place de premier parti francophone. En Wallonie, il est relégué à la deuxième place. Sa défaite est claire : -2,9 à 23,2%, ce qui entraîne la perte de quatre sièges de députés. Mais le vieux parti résiste à Bruxelles où il se stabilise à 22%. En deuxième position là aussi, il sera sans doute incontournable pour la formation du futur gouvernement. L’envol du PTB que dessinaient tous les sondages n’a donc pas fissuré le PS au point de le faire gravement chuter partout. Le Parti du travail de Belgique recule en effet en Wallonie. Et s’il progresse à Bruxelles, il grignote à peine la position de son rival dans la capitale.
4
La remontada des Engagés
Pari réussi pour Maxime Prévot. L’ancien président du CDH qui a emmené son parti dans une cure d’opposition de plusieurs années, puis l’a transformé de fond en comble en créant le mouvement des Engagés, faisant renaître sa formation de ses cendres. L’éloignement du pouvoir, le renouveau du programme et l’apparition de nouvelles têtes ont permis aux Engagés de devenir le troisième parti en Wallonie, enregistrant une progression de près de dix points d’avancer également, bien que de manière plus modeste (+3) à Bruxelles. Les Engagés sont donc en position de rentrer « dans toutes les coalitions » a exulté Prévot au soir des élections, estimant que son parti est « le vainqueur moral » du scrutin.
5
Le PTB pas complètement gagnant, Défi et Ecolo en déroute
Si Raoul Hedebouw a rangé le PTB du côté des « grands gagnants de cette élection », les résultats de son parti paraissent plus contrastés. En Wallonie, il plafonne à 12,1 %, en-dessous de son score de 2019. S’il progresse en Flandre, son score reste peu élevé (8,3 %). A Bruxelles, par contre, le PTB réussit une percée à 20,9 %, s’adjugeant la troisième place des partis francophones.
Pour Ecolo, la sanction redoutée a bien eu lieu : les verts obtiennent à peu de chose près la moitié de leur score de 2019, tant à Bruxelles (9,8%) qu’en Wallonie (7%). Ecolo est coutumier du modèle « yoyo » – on gagne des suffrages quand on est dans l’opposition, on les perd quand on exerce le pouvoir. Dans ces conditions, l’opposition est tout indiquée. « La démocratie a parlé, les écologistes sont parmi les battus du scrutin », a reconnu Jean-Marc Nollet. « Il faut l’accepter avec humilité ». Ce lundi matin, il annoncé la démission de la coprésidence, avec Rajae Maouane, d’Ecolo. «Nous ne nous représenterons pas. Une page se tourne. Une nouvelle génération prendra ses responsabilités», a-t-il affirmé sur La Première (RTBF). Jean-Marc Nollet a également déclaré qu’il quitterait la politique en tant que responsable, même s’il resterait militant.
Seule éclaircie pour les verts : la performance de Groen à Bruxelles, qui conforte sa première place avec 22,8 %, loin devant les autres partis flamands.
Enfin, Défi n’aura pas réussi à limiter les dégâts. Avec presque moitié moins de députés régionaux bruxellois élus qu’en 2019 (6 au lieu de 10), la formation de François De Smet fait partie des perdants de ce dimanche soir et risque très probablement d’être renvoyée dans l’opposition. Par ailleurs, la perte d’un de ses deux députés fédéraux représente, pour le parti, un petit séisme. « C’est une défaite mais certains avaient prédit notre disparition et ce ne sera pas le cas », a tenté de rassurer son président alors que les amarantes entrent pourtant dans une crise presque existentielle.
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Et maintenant ?
Que va-t-il se passer ce lundi ? En Flandre, l’Open VLD a rendu le jeu assez clair : le parti du Premier ministre Alexander De Croo a annoncé qu’il irait dans l’opposition. Compte tenu de l’exclusive à l’égard du Vlaams Belang, une coalition unissant la N-VA, Vooruit et le CD&V pourrait se profiler. Même si elle ne disposera que d’une faible marge : 64 sièges alors que la majorité nécessaire est à 62.
En Wallonie et à Bruxelles, le MR a l’occasion de prendre la main et ne se privera pas pour le faire. « Dès ce lundi, nous aurons des contacts pour pouvoir mettre en œuvre notre programme », a annoncé son président Georges-Louis Bouchez. Celui-ci a déjà annoncé la couleur : pour lui, les Engagés sont un partenaire « privilégié ». En Wallonie, le MR bénéficie d’une majorité avec Les Engagés. A Bruxelles, cependant, il semble peu probable qu’on puisse se passer du PS. «Les résultats permettent des majorités avec peu de partis, on doit pouvoir travailler là-dessus», a insisté le président du MR. «C’est aussi le signal de l’électeur, il est totalement évident». Pour lui, «si tout le monde se met au travail, il est possible d’avoir des gouvernements très rapidement. L’électeur nous y aide. Il ne faut pas se perdre dans des palabres, il faut le faire».
Enfin, pour le fédéral, il faudra voir quelle famille politique s’impose au final et qui sera nommé pour commencer les discussions… Georges-Louis Bouchez, à nouveau, a ouvert la porte à la N-VA, qui, selon lui, « partage beaucoup de points communs avec le MR sur le socio-économique, la sécurité, l’asile et la migration ». L’hypothèse d’une union, au fédéral, des partis qui pourraient former les majorités flamande et wallonne (N-VA, Vooruit, CD&V d’un côté; MR et Engagés de l’autre) tient mathématiquement la route. Un tel gouvernement disposerait de la majorité tant au fédéral, que dans les groupes linguistiques flamand et francophone.
Après avoir reçu la démission de l’actuel Premier ministre, le Roi devrait désigner la personnalité chargée d’entamer des discussions exploratoires pour la formation de la prochaine coalition qui présidera aux destinées de notre pays au cours des cinq prochaines années.
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Europe : l’actuelle coalition confortée
Malgré la poussée de l’extrême droite, les groupes du Parti populaire européen (droite), Socialistes et démocrates (S&D) et Renew Europe (centristes et libéraux) conservent à eux trois réunis une majorité au Parlement européen, malgré une poussée des forces d’extrême droite. Du côté belge, le MR gagne un siège, avec 3 élus et Ecolo en perd 1, n’en conservant qu’1. Les autres partis maintiennent leur nombre d’élus : 2 pour le PS, 1 pour les Engagés et 1 pour le PTB. Côté néerlandophone, où 13 sièges étaient à pourvoir contre 12 en 2019, c’est la gauche qui progresse, avec le PvDA qui décroche son premier siège et Vooruit qui en obtient 2 (+1). Les autres partis maintiennent leurs positions actuelles, sauf les libéraux flamands : 3 élus pour la N-VA, 3 pour le Vlaams Belang, 2 pour le CD&V et 1 pour Groen. L’Open VLD ne maintient qu’un élu et en perd 1.
Avec 189 sièges pour le PPE, 135 pour les S&D et 80 pour Renew Europe, ces partis formant actuellement la « grande coalition » au sein de laquelle se forgent les compromis dans l’hémicycle européen, cumuleraient 404 sièges sur un total de 720. Une confirmation, malgré la poussée de l’extrême droite, notamment en France où le Rassemblement national décroche entre 31 et 32%. Dès l’annonce de ces résultats, le président Macron a annoncé la dissolution de l’assemblée nationale et la tenue d’élections législatives à deux tours le 30 juin et le 7 juillet.
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Vu la vague ( c’est le cas de le dire) de votes NVA et Vlaams Belang … à la côte, les francophones seraient quand même plutôt bien inspirés d’aller ailleurs. Du côté français, c’est mieux, moins cher, et nous sommes bien accueillis. De mon côté, c’est fait : je n’y fous PLUS les pieds!
Georges-Louis Bouchez surnommé « Gloub », par les aigris, peut savourer son succès ! Sa persévérance sans concessions face aux délires de tous types des écolos et socialos, a payé. Voilà ce qui arrive quand on prend depuis des années les gens pour des billes en traitant le MR de mouvement d’extrême droite. Le PTB se réjouit, mais il n’a fait que siphonner les voix de ces 2 partis qui ont perdu leur âme, à force de donner des leçons de morale à 2 balles et de flirter avec le communautarisme .
Mais ça c'est un commentaire constructif !
"Le PS affaiblit". On a beau savoir que c'est le lendemain de la veille, mais il n'y a pas un article qui ne soit en délicatesse avec l'orthographe.
Tout baisse au Soir et l'orthographe aussi et depuis bien longtemps